hauts_de_hurleventLes Hauts de Hurle-Vent de Emily Brontë

Titre original : Wuthering Heights

Traduction de Frédéric Delebecque

Editions Payot, année inconnue, 441 pages

 

Emily Brontë (30 juillet 1818 - 19 décembre 1848) n'avait pas encore trente ans quand elle a composé Les hauts de Hurle-vent. Ce livre a été publié pour la première fois, à compte d'auteur, vers la fin 1847, un an avant le décès de son auteur. En raison des préjugés à l'encontre des auteurs féminins, Emily Brontë a alors utilisé le pseudonyme masculin d' Ellis Bell.

En 1846, Emily avait déjà publié, avec ses soeurs Charlotte et Anne, un recueil de  poésies. Les poèmes d'Emily Brontë sont reconnus pour être de grande qualité. Beaucoup d'entre eux ont été écrits dans le cadre du cycle de Gondal, un pays imaginaire qu'elle a créé avec sa soeur Anne.

 

L'histoire :

Le récit débute ainsi :

1801. - Je viens de rentrer après une visite à mon propriétaire, l'unique voisin dont j'ai à m'inquiéter. En vérité, ce pays-ci est merveilleux! Je ne crois pas que j'eusse pu trouver, dans toute l'Angleterre, un endroit plus complètement à l'écart de l'agitation mondaine. Un vrai paradis pour misanthrope : et Mr Heathcliff et moi sommes si bien faits pour nous partager ce désert!

Mr Lockwood, le narrateur, dont nous apprendrons en fait assez peu de choses, a loué à Mr Heathcliff  le manoir de Thrushcross Grange (La Grange aux Grives) pour un an. Il est intrigué par ses fort peu sociables voisins, habitant à quelques miles de là une demeure baptisée Les Hauts de Hurle-Vent :

  Wuthering Heights (Les Hauts de Hurle-Vent), tel est le nom de l'habitation de Mr Heathcliff : "wuthering" est un provincialisme qui rend d'une façon expressive le tumulte de l'atmosphère auquel sa situation expose cette demeure en temps d'ouragan. Certes on doit avoir là-haut un air pur et salubre en toute saison : la force avec laquelle le vent du nord souffle par-dessus la crête se devine à l'inclinaison excessive de quelques sapins rabougris plantés à l'extrémité de la maison, et à une rangée de maigres épines qui toutes étendent leurs rameaux du même côté, comme si elles imploraient l'aumône du soleil. Heureusement l'architecte a eu la précaution de bâtir solidement : les fenêtres étroites  sont profondément enfoncées dans le mur et les angles protégés par de grandes pierres en saillie.

   Avant de franchir le seuil, je me suis arrêté pour admirer une quantité de sculptures grotesques prodiguées sur la façade, spécialement autour de la porte principale. Au-dessus de celle-ci, et au milieu d'une nuée de griffons délabrés et de bambins éhontés, j'ai découvert la date "1500" et le nom de "Hareton Earnshaw". J'aurais bien fait quelques commentaires et demandé au revêche propriétaire un histoire succincte du domaine ; mais son attitude à la porte semblait exiger de moi une entrée rapide ou un départ définitif, et je ne voulais pas aggraver son impatience avant d'avoir inspecté l'intérieur.

Lorsque s'ouvre le livre, les Hauts de Hurle-Vent sont habités par le taciturne et sauvage Heathcliff, sa belle-fille Cathy, le domestique Joseph, revêche et bigot, et Hareton Earnshaw, cousin bourru et mal dégrossi de Cathy.

Deux récits vont alors s'enchâsser l'un dans l'autre : celui du séjour de Mr Lockwood  à Thrushcross Grange d'octobre 1801 à octobre 1802, au travers duquel  nous apprenons le destin funeste de deux familles voisines, les Linton et les Earnshaw. Leur histoire est rapportée par Hélène Dean, femme de charge de Thrushcross Grange, anciennement au service de la famille Linton.

 

Ce que j'en ai pensé :

Il est  fascinant de constater à quel point, dans ce roman, les personnages semblent être le reflet de la nature qui les environne : la lande sauvage, austère, désolée, battue par les vents, indomptable en quelque sorte, m'évoque clairement le caractère de Heathcliff et de Catherine Earnshaw, et dans une moindre mesure celui de Joseph et de Hareton.

Les Hauts de Hurle-Vent est aujourd'hui considéré comme l'une dernière oeuvres majeures du romantisme européen. 

Le romantisme est un mouvement culturel européen qui caractérise le début du XIXème siècle. En France, parmi nos auteurs romantiques, on peut citer par exemple Victor Hugo et Charles Baudelaire.

Le romantisme se caractérise notamment par l'expression d'un certain mal-être, d'un d'état mélancolique. Parfois, même, le héros s'y complaît et s'y enferme. La nature tient une place importante. L'automne, les orages, les tempêtes sont des thèmes qui reviennent régulièrement dans les oeuvres romantiques. C'est aussi un mouvement caractérisé par l'expression des sentiments et les formulations passionnées. 

On retrouve bien dans les Hauts de Hurle-vent ces traits relatifs au romantisme, on peut même dire que l'expression de la passion y a été portée à son paroxysme.

C'est un roman aux accents sombres,  avec des personnages torturés (voire même à la limite de la folie) au destin tragique et pourtant il en émane une beauté sauvage (du moins c'est mon ressenti).

C'est impressionnant de constater que ce roman a été écrit par une jeune femme qui avait à peine trente ans et qui vivait quasiment en recluse.

Ce billet est aussi un petit clin d'oeil à la météo du jour ;-)

J'ai pris plaisir à le relire dans le cadre du challenge English Classics. english_classics_vignette