Soie dit en passant ....

Lecture, écriture, cuisine, escapades et bonne humeur ...

11 novembre 2009

Thématique - Les frissons de Novembre

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Pour ce mois de Novembre (un mois que je trouve d'ordinaire assez tristounet) je vous propose d'organiser une thématique : Les frissons de Novembre.

Pas de quota minimum de livres à lire, si le thème vous tente et que vous souhaitez être rattaché à la thématique, vous me l'indiquez en commentaire ou bien par la rubrique "Contactez l'auteur".

A chaque nouveau billet je mettrai ce post à jour et je le ferai remonter, jusque fin novembre.

Le thème est vaste : horreur, roman noir (polar), vampires, sorcières, adultes ou jeunesse, Bd, manga .... tout ce que vous voulez du moment que ça donne froid dans le dos (gnark gnark)

Je sais que certain(e)s d'entre vous ont publié des billets rentrant dans ce cadre le 31 octobre, si vous le souhaitez je peux faire un lien ici.

Merci à Dave's Halloween gifs pour l'image que j'ai utilisée pour le logo.

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Voici les différents articles proposés :

fascination   

Fascination ou Twilight 1 de Stépahnie Meyer par Hérisson08

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tentation    

Tentation - Hésitation - Révélation ou Twilight 2-3-4 de Stéphanie Meyer par Hérisson08

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Les vampires de Londres (Les étranges soeurs Wilcox 1) de Fabrice Colin par Hérisson08

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meurtres_en_bleu_marine

    

Meurtres en bleu marine de C.J. Box par Malyss

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Un long dimanche de fiançailles - Sébastien Japrisot

un_long_dimanche_de_fian_aillesUn long dimanche de fiançailles - Sébastien Japrisot

Editions Denoël, collection Folio, 1991 - 373 pages

Quatrième de couverture : Cinq soldats français condamnés à mort en conseil de guerre, aux bras liés dans le dos. Cinq soldats qu'on a jetés dans la neige de Picardie, un soir de janvier 1917, devant la tranchée ennemie, pour qu'on les tue. Toute une nuit et tout un jour, ils ont tentés de survivre. Le plus jeune était un Bleuet, il n'avait pas vingt ans.

A l'autre bout de la France, la paix revenue, Mathilde veut savoir la vérité sur cette ignominie. Elle a vingt ans elle aussi, elle est plus désarmée que quiconque, mais elle aimait le Bleuet d'un amour à l'épreuve de tout, elle va se battre pour le retrouver, mort ou vivant, dans le labyrinthe où elle l'a perdu. Tout au long de ce qu'on appellera les années folles, quand le jazz aura couvert le roulement des tambours, ses recherches seront ses fiançailles. Mathilde y sacrifiera ses jours, et malgré le temps, malgré les mensonges, elle ira jusqu'au bout de l'espoir insensé qui la porte.

Plus intensément qe jamais, l'auteur de L'été meurtrier, de La dame dans l'auto, de La passion des femmes, vous donne rendez-vous avec l'émotion, la dérision, le bonheur et la magie de l'écriture. Et surtout on découvre dans ce livre, obstinée et fragile à la fois, attachante, bouleversante, une Mathilde qui prendra place dans le coeur parmi les héroïnes les plus remarquables de l'univers romanesques.

Note : Ce roman a reçu le Prix interalliés 1991

Mon avis : Le livre s'ouvre sur cette  funeste soirée de janvier 1917, alors que les cinq soldats, blessés et épuisés, sont conduits, pataugeant dans la boue et dans la neige, jusqu'à la tranchée Bingo Crépuscule. Le premier chapitre (17 pages) m'a semblé un peu ardu car on y présente les cinq soldats condamnés,  qui ils sont, d'où ils viennent, un aperçu de leur vie avant la guerre et pourquoi ils ont été condamnés à mort. C'est un peu dense, car on reçoit beaucoup d'informations en peu de pages mais les détails ont leur importance pour la suite. 

Dès la fin du chapitre Mathilde fait son apparition,  l'histoire prend  son essor, et je suis contente d'avoir persévéré. Ce roman est en fait un roman policier (ou du moins à suspense) avec pour cadre  la première guerre mondiale. L'écriture est parfois un peu déroutante, mais elle est tour à tour sensible, crue, dure, ironique, sensuelle et émouvante, ce qui rend le récit particulièrement vivant. L'histoire est présenté sous forme de récit, flash back et passages épistolaires.

J'ai choisi de lire ce livre pour son contexte historique et j'ai trouvé que l'auteur a fait à ce sujet un travail très intéressant. Beaucoup d'aspects sont évoqués : cette guerre dont on jurait qu'elle serait courte mais qui s'éternise, des villages décimés, des familles endeuillées, des jeunes femmes qui souhaitent épouser leur fiancé décédé, des hommes que tout sépare réunis au coude à coude dans un enfer au nom d'une cause qui les dépasse, un enfer tel que certains vont jusqu'à s'automutiler.

Sébastien Japrisot rendre a su rendre vivant ce terrible bouleversement, ce chaos arrivé du jour au lendemain dans la vie des soldats et de leur famille, des destins brisés, par la mort ou les horreurs vécues, mais aussi la réalité de l'après guerre : même si la guerre proprement dite est terminée et que la nature reprend ses droits, effaçant sur les paysages les stigmates du passé, son emprise s'est étendue bien des années après. On sent bien à la fois la vie qui reprend ses droits, une envie de légèreté qui côtoient des traumatismes toujours présents.

C'est un roman que j'ai trouvé poignant, car les passages historiques sont assez réalistes, une histoire qui donne matière à réflexion, mais qui malgré sa gravité n'est pas du tout larmoyant ni désepéré : en partie je pense grâce à la force de caractère de certains personnage et de l'espièglerie de Mathilde.

Je propose ce roman en livre voyageur, si cela vous intéresse contactez moi ou indiquez le moi dans les commentaires.

Le site : L'histoire en questions propose des petits récits et anecdotes, illustrés de photos ainsi que des quizz, au sujet de toutes les grandes périodes de l'histoire.

Hérisson08 propose toute une liste de livres concernant la première guerre mondiale, avec des liens vers les titrs présentés par la blogosphère.

Ce roman est mon deuxième livre lu dans la cadre du Blog'O'Trésors.

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08 novembre 2009

Dimanche poétique # 1 - Alone d'Edgar Allan Poe

Le dimanche poétique est une initiative de Celsmoon.

Voici aujourd'hui un poème d'Edgar Allan Poe :

Alone

From childhood's hour I have not been

As others were ; I have not seen

As others saw ; I could not bring

My passions from a common spring.

From the same source I have not taken

My sorrow ; I could not awaken

My heart to joy at the same tone ;

And all I loved, I loved alone.

Then - in my childhood, in the dawn

Of a most stormy life - was drawn

From every depth of good and ill

The mystery which binds me still :

From the torrent, or the fountain,

From the red cliff of the mountain,

From the sun that round me rolled

In its autumn tint of gold,

From the lightning in the sky

As it passed me flying by,

From the thunder and the storm,

And the cloud that took the form

(When the rest of Heaven was blue)

Of a demon in my view.

         Edgar Allan Poe

Et voici une traduction trouvée sur le site : anglais facile.com

Seul

Depuis ma prime enfance je ne suis pas comme les autres ;

Je ne vois pas ce que les autres voient ;

Je n'ai pas sû tirer mes passions au puit commun.

Ma tristesse ne provient pas de la même source.

Je n'ai pas su éveiller mon coeur à la même joie.

Tout ce que j'ai aimé, je l'ai aimé seul.

Puis, dans mon enfance, à l'aube d'une vie tourmentée,

C'est de chaque profondeur du bien et du mal

Que fut puisé ce mystère qui m'enchaîne toujours.

Du torrent et de la fontaine,

De la falaise rouge de la montagne,

Du soleil qui roulait autour de moi,

En son or automnal,

De l'éclair dans les cieux

Qui me frôlait et s'enfuyait,

Du tonnerre et de l'orage

Et du nuage qui se métamorphosait

(Alors que le reste des Cieux étaient bleus)

En démon à mes yeux.

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07 novembre 2009

Dis oui, Ninon - Maud Lethielleux

Dis_oui_NinonDis oui, Ninon - Maud Lethielleux

Editions Stock, 2009 - 245 pagescoeur03

Quatrième de couverture :

     "Dans ma classe, une immense dame maigre et très laide avec des cheveux courts et des gros sourcils m'a demandé de recopier le mot écrit au tableau. J'ai essayer d'imiter les traits droits comme du blé un jour sans vent, c'était très difficile, mes doigts glissaient sur la mine colorée. La dame s'est approchée et elle a dit : Mon Dieu ! J'ai dit que j'étais pas Dieu mais que si elle voulait m'appeler comme ça, pourquoi pas. Elle a répété :

     - Mon Dieu... Tu ne sais même pas écrire "maman" ?

     - Non, ça sert à rien que je l'écris puisque je dis jamais maman.

     - Tu... tu ne dis jamais maman !

     - Non, je l'appelle Zélie parce que c'est trop mignon et en plus c'est personnel et assumé pour de vrai.

     - La dame m'a dit de ne pas parler sur ce ton, j'ai répondu que je ne mangeais pas de poisson parce que sinon, on allait vider la mer."

     Du haut de ses neuf ans, Ninon observe le monde. Un monde où les adultes ne s'aiment plus, où les mots n'ont pas de sens, où des mensonges sont rancuniers... Parce qu'elle ne le comprend pas, Ninon décide de s'en détourner et de vivre avec son père qui n'a plus rien. Rien, sauf elle.

     Ensemble, ils refont leur monde, construisent une maison à partir de rien, traient les chèvres, vendent sur les marchés, oublient l'école et les bonnes manières, sans se soucier des bien-pensants, ni de madame Kaffe, l'assistante sociale.

     Dis oui, Ninon est une histoire d'amour. celle d'une petite fille pour son père et celle d'un homme pour la liberté.

Maud Lethielleux est musicienne et metteur en scène. Elle a parcouru le monde, de l'Asie à la Nouvelle-Zélande. Dis oui, Ninon est sons premier roman.

Mon avis :

Les parents de Ninon, Zélie et Fred, se sont mariés très jeunes sans s'aimer vraiment. Zélie voulait s'affranchir de sa famille. Puis Ninon est née, et ensuite sa petite soeur Agathe. Fred et Zélie se sont séparés, mais entre temps Fred était tombé amoureux de Zélie.

Avec ce divorce, Fred perd tout. La ferme où vivait la famille est vendue, ses copains lui tournent le dos. Zélie et Agathe doivent  à se partager entre deux foyers, celui de leur papa à qui il ne reste plus rien, et celui de leur maman où elles doivent apprendre à composer avec le nouveau compagnon de leur mère, Olive.

Puis, Ninon choisira finalement de vivre avec son papa.

L'histoire est portée par la voix de la jeune Ninon. J'ai aimé sa fraîcheur, sa tendresse, sa spontanéïté, son regard sur ce monde adulte qu'elle ne comprend pas toujours. La façon de s'exprimer de Ninon, à la fois sans ambages,  mais aussi tendre et poétique donnent à ce livre une grande bouffée de fraicheur et des accents amusants tout en interpellant le lecteur sur des sujets sérieux tels que la précarité et la marginalisation qui peut en découler. On sent dans ce roman une part d'inspiration auto biographique. La lutte quotidienne de Fred qui se bat pour survivre au chaos, tout en restant fidèle à ses idéaux et ses convictions qu'il veut transmettre à sa fille, est particulièrement bien rendue. On ressent aussi très bien l'amour qui unit la fillette et son papa, et combien Ninon aime sa vie malgré ses difficultés.

Je classe ce livre parmi mes coups de coeur

Je remercie chaleureusement Sylire qui m'a fait découvrir ce livre en la faisant voyager. Je vais essayer de retrouver les billets des autres participantes.

Dis oui, Ninon partira lundi chez Jumy.

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La Princesse des glaces & le Prédicateur de Camilla Läckberg

Ayant lu deux livres du même auteur, exceptionnellement je fais un billet groupé.

princesse_des_glacesLa Princesse des glaces - Camilla Läckberg

Titre original : Isprisessan

Traduit du suédois par Lena Grumbach et Marc de Gouvenain

Editions ACTES SUD, actes noirs, 2008, 382 pages

Quatrième de couverture :

Erica Falck, trente-cinq ans, auteur de biographies installée dans une petite ville de la côté ouest suédoise, découvre le cadavre aux poignets tailladés d'une amie d'enfance, Alexandra Wijkner, nue dans une bignoire d'eau gelée. Impliquée malgré elle dans l'enquête (à moins qu'une certaine tendance naturelle à fouiller la vie des autres ne soit ici à l'oeuvre), Erica se convainc très vite qu'il ne s'agit pas d'un suicide. Sur ce point - et sur beaucoup d'autres -, l'inspecteur patrick Hedström, amoureux transi, la rejoint.

     A la conquête de la vérité, stimulée par un amour naissant, Erica, enquêtrice au foyer façon Desperate Housewives, plonge dans les strates d'une petite société provinciale qu'elle croyait bien connaître et découvre ses secrets, d'autant plus sombres que sera bientôt trouvé le corps d'un peintre clochard - autre mise en scène de suicide.

     Au-delà d'une maîtrise évidente des règles de l'enquête et de ses rebondissements, Camilla Läckberg sait à merveille croquer des personnes complexes et - tout à fait dans la ligne de créateurs come Simenon ou Chabrol - disséquer  une petite communauté dont la surface tranquille cache des eaux bien plus troubles qu'on ne le pense.

le_predicateurLe Prédicateur - Camilla Läckberg

Titre original : Predikanten

Traduit du suédois par Lena Grumbach et Catherine Marcus.

Editions ACTES SUD, collection actes noirs, 2009, 374 pages

Quatrième de couverture : (J'ai fait des petites coupures)

Dans les rochers proches de FJällbacka, le petit port touristique suédois dont il était question dans la Princesse des glaces, on découvre le cadavre d'une femme. L'affaire se complique quand apparaissent, plus profond au même endroit, deux squelettes de femmes... [...]

Lentement, le tableau se précise : les squelettes sont certainement ceux de deux jeunes femmes disparues vongt-quatre ans plus tôt. Revient ainsi en lumière la famille Hult, dont le patriarche, Ephraïm, magnétisait les foules accompagné de ses deux petits garçons, Gabriel et Johannes, dotés de pouvoirs de guérisseurs. Depuis cette époque et un étrange suicide, la famille est divisée en deux branches qui se haïssent. [...]

Mon avis :

Ces deux tomes sont les premiers d'une série se déroulant dans la petite ville côtière de Fjällbacka. Ils mettent en scène l'inspecteur Patrick Hedström et l'écrivain Erica Falck.

J'ai trouvé les intrigues bien menées, suffisamment de suspects, de pistes et de personnages secondaires pour qu'on ne s'ennuie pas.

Selon moi, l'intrigue du deuxième tome est plus originale. Les portraits psychologiques et relations de la famille Hult sont assez travaillés. Camilla Läckberg a réussi  le portrait d'un patriarche dominateur et écrasant, dont on sent l'ombre omniprésente, alors qu'il n'est physiquement pas présent lors de l'enquête, étant décédé plusieurs années avant.

Cependant, je ne me suis pas ennuyée du tout à la lecture du 1er tome. J'aurais juste préféré que l'histoire autour du passé de la victime soit plus développée et plus fouillée psychologiquement.

J'ai bien aimé l'atmosphère du petit port de pêche, en particulier celle de la maison familiale d'Erica, davantage évoquée dans le 1er tome.

J'ai hâte de découvrir le tome 3 : Le Tailleur de pierres

Camilla Läckberg situe ses intrigues dans le village de Fjällbacka où elle est née : "Tous les personnages et évènement sont inventés. Fjällbacka et ses environs sont cependant authentiques, même si de temps en temps j'ai pris quelques libertés en ce qui concerne les lieux".

Le tag famille est pour Le Prédicateur.

Pour terminer voici quelques photos de Fjällbacka où nous sommes passés (sous la pluie malheureusement) lors de notre retour de Norvège :-)

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06 novembre 2009

Double assassinat dans La rue Morgue / La Lettre volée - Edgar Allan Poe

9782253082699Double assassinat dans la rue Morgue suivi de La Lettre volée - Edgar Allan Poe

Edition établie, présentée et annotée par Jean-Pierre Naugrette

Traduction de Charles Baudelaire

Le Livre de Poche, Libretti, 2009

Quatrième de couverture : A Paris, le narrateur lit la Gazette des tribunaux en compagnie de son ami Charles Auguste Dupin : on y rend compte d'un double assassinat fort mystérieux et Dupin, assuré que la police travaille sans méthode, décide de mener lui-même l'enquête. Et il résout l'énigme de manière si brillante que le préfet de police ne manque pas de le consulter lorsqu'un document des plus importants - une lettre - est dérobée dans les appartements royaux.

Analyste de premier ordre, mais lui-même personnage mystérieux, Dupin est au coeur de ces deux nouvelles publiées aux Etats-Unis en 1841 et 1845 - et avec lui se trouve inventé le personnage moderne du détective. Mais ce que Edgar Poe invente aussi sans le savoir, c'est le genre du roman policier.

Mon avis : Deux nouvelles sont présentées dans ce livre qui réunit deux grandes plumes de la littérature : Edgar Poe et Charles Baudelaire en tant que traducteur. Deux âmes tourmentées, deux poètes, deux hommes qui ont profondément marqué la littérature, l'un en inventant le roman policier et l'autre en renouvelant la poésie.

Bien que l'enquête soit dans les deux cas menée par la même personne, les deux nouvelles présentées dans cet ouvrage sont très différentes :  Double assassinat dans la rue Morgue s'apparente à un roman noir ou roman d'épouvante, alors que dans La Lettre volée il n'y a pas de crime, l'histoire est prétexte à élaborer une analyse et  des déductions. Il s'agit plus dans ce dernier cas d'un mystère.

La préface et les annotations de Jean-Pierre Naugrette (qui souligne quelques caractéristiques de la traduction de Baudelaire et  de ce fait certains points de l'édition originale) sont très intéressantes. Dans la préface se trouvent des explications nécessaires pour bien comprendre certaines subtilités de l'énigme, notamment pour la Lettre volée. Par contre je vous conseillerais de ne lire la préface qu'après avoir lu les nouvelles pour préserver l'intrigue. Les nouvelles sont assez courtes et vous pourrez toujours les relire ou en relire certains passages à la lumière des explications. Le fait d'être intrigué et de cogiter fait partie du plaisir et il serait dommage que vous en soyez privé... 

Comme l'indique la quatrième de couverture, Edgar Allan Poe a inventé le roman policier (je me demande si je n'avais déjà lu cela à propos de Wilkie Collins aussi  ;-)... de toutes façons je pense que différents auteurs ont apporté leur pierre à l'édifice et l'époque était apparemment à l'esprit d'analyse qui tient une grande place dans ces nouvelles.

Les textes sont aussi très visuels, avec beaucoup de descriptions pas toujours pour ma part aisées à imaginer, non que ce ne soit pas bien décrit, mais plutôt parce que je suis complètement nulle sur le plan technique :-) (je pense à un passage où il est question d'un clou dans une fenêtre, j'imagine que l'auteur parle de fenêtres à guillotine, j'ai passé quelques mn à essayer de me représenter la scène, tout juste si mon mari n'a pas été obligé de me dessiner un plan, mdr ...).

J'ai beaucoup aimé plonger ainsi des années en arrière, en un autre siècle, dans un Paris certes bien différent de ce qu'il est aujourd'hui mais aussi avec une autre façon d'écrire.

Ce qu'Edgar Poe invente aussi par le biais de Dupin et du narrateur (un de ses amis séjournant à Paris), c'est le duo composé d'un détective et d'un ami un peu ingénu (par rapport au détective ...sourire...) qui, lui,  ne voit jamais rien venir avant le dénouement final et s'égare sans arrêt sur des fausses pistes. Le détective  résoud les énigmes exclusivement par ses capacités d'analyse (presque en restant chez lui assis dans son fauteuil) et d'obervation. Il a  un petit côté assez satisfait de lui même. Ces duos reparaitront chez d'autres auteurs sous la forme du tandem Sherlock Holmes/Docteur Watson  ou Hercule Poirot (et ses célèbres petites cellules grises)/Arthur Hastings.

Je remercie Morgan, qui m'a offert ce livre dans le cadre du swap Paris organisé par Loula, pour ces bons moments de lecture et cette petite parenthèse hors du temps.

Je voulais conclure avec une poésie d'Edgar Poe, mais comme j'ai vu sur les blogs que certaines blogueuses ont instauré un dimanche poétique, je la mettrai en ligne dimanche.

J'inclus cette lecture dans la thématique des frissons de Novembre.

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04 novembre 2009

Le Swap Nouvel An chez Hérisson

Hérisson organise un swap pour le Nouvel An. Je ne m'inscris pas parce que je n'ose pas m'engager d'ici la fin de l'année, ayant une assiduité très fluctuante sur la blogosphère en ce moment.

Je relaie quand même l'info pour celles et ceux que cela intéresserait.

swap_nouvel_an                                                             

        Les règles chez Hérisson.

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03 novembre 2009

Le passage de la nuit - Haruki Murakami

passage_de_la_nuitLe passage de la nuit - Haruki Murakami

Titre original : After Dark

Editions 10/18, Belfond, 2007 pour la traduction française. 230 pages

Quatrième de couverture : Dans un bar, Mari est plongée dans un livre. Elle boit du thé, fume cigarette sur cigarette. Surgit alors un musicien qui la reconnaît. Au même moment, dans une chambre, Eri, la soeur de Mari, dort à poings fermés, sans savoir que quelqu'un l'observe. Autour des deux soeurs vont défiler des personnages insolites : une prostituée blessée, une gérante d'hôtel vengeresse, un informaticien désabusé, une femme de chambre en fuite.

Des évènements bizarres vont survenir : une télévision qui se met brusquement en marche, un miroir qui garde les reflets ... A mesure que l'intrigue progresse, le mystère se fait plus dense, suggérant l'existence d'un ordre des choses puissant et caché. Le temps d'une nuit, Haruki Murakami nous entraîne dans un Tokyo sombre, hypnotique, aux prémices d'un drame.

Mon avis : Comme dans beaucoup d'oeuvres de Haruki Murakami, le réel côtoie le fantastique.

Le cinéma, en tant que technique, y tient une part importante. Haruki Murakami souhaitait être scénariste de cinéma. Nous sommes régulièrement conviés à observer l'histoire comme au travers de l'oeil d'une caméra, avec différents angles de vue, focus sur les personnages, etc... Le livre fait également référence au film de Jean-Luc Godard : Alphaville, un univers où sont proscrits tous sentiments profonds, par le biais du nom d'un love hotel.

De même on se rend compte que certains lieux se ressemblent beaucoup, si ce n'est par la façon dont ils sont meublés (plusieurs scènes se déroulent dans des pièces aveugles : une chambre dans un lieu inconnu, un bureau et une chambre du love hotel Alphaville ... comme si finalement ces différents endroits n'étaient que des décors impersonnels dont on se contente de changer le mobilier)

L'histoire se déroule en une nuit, à Tokyo. Le dessin d'une horloge qui égrenne les heures ponctue régulièrement le roman.

On retrouve également dans ce livre toute une atmosphère musicale, Haruki Murakami s'attache à citer les musiques d'ambiance des différents lieux que nous découvrons. L'un des personnages est musicien dans un groupe de jazz, l'une des grandes passions de Haruki Murakami qui a été le responsable d'un bar à jazz, le Peter Cat, à Tokyo.

C'est un roman qui joue essentiellement sur les oppositions et les contrastes. Un Tokyo aux deux visages, l'un surpeuplé et agressif pour nos sens : C'est une mer de néons multicolores. [...] Un énorme game-center encombré de jeunes. Exubérance de sons électroniques. Des salary-men qui se pressent sur les passages piétons, pour attrapper le dernier train... l'autre sombre et inquiétant :  "C'est peut-être pas mes affaires, poursuit Kaoru, mais honnêtement, qu'une fille seule, sérieuse, passe la nuit dans le coin, ça va pas. Il y a des types dangereux. Même moi, j'ai eu chaud quelquefois. Après le dernier train et jusqu'au premier du matin, le quartier est pas le même que pendant la journée." ... La solitude au milieu de la foule. Deux personnages principaux, Mari et Eri, deux soeurs qui semblent aux antipodes l'une de l'autre, avec pourtant des prénoms semblables à une syllabe près...

Mari attache peu d'importance à son apparence physique, elle est intellectuelle et pragmatique :

Elle est très absorbée par sa lecture. Elle ne lève pour ainsi dire pas les yeux. Son livre : un pavé à jaquette cartonnée. Le titre est invisible parce que l'ouvrage est recouvert du papier de la librairie. Etant donné l'air assidu de la fille, il est possible qu'il soit du genre prise de tête. Qu'on ne peut pas lire en diagonale, qu'on doit digérer ligne à ligne. (page 9)

Sa soeur, jeune mannequin, est sophistiquée et présentée comme plus superficielle.

(Mari) : Tu sais, ma soeur, je suis sûre qu'elle ne fait pas la différence entre un trombone* et un grille-pain. En revanche il parait qu'elle distingue au premier coup d'oeil un Gucci d'un Prada

- Chacun son domaine. (page 28)

* : l'instrument de musique

Tout ce qui concerne Mari est du domaine du réel, ce qui concerne Eri est du domaine du fantastique ... jusqu'à sa beauté que j'ai ressenti comme presque irréelle et évanescente.

Eri s'est coupée du monde en plongeant dans un sommeil profond. Mari passe une nuit blanche pour accomplir une quête que nous allons découvrir au fil de l'histoire.

Nous allons aussi découvrir que les apparences sont trompeuses et que l'image lissée d'Eri cache une grande souffrance psychologique.

J'ai été très touchée par les métaphores utilisées par Haruki Murakami pour décrire cette adolescente incomprise, qui peu à peu n'est plus entendue par son entourage ni par sa famille, qui a peut être subi des violences physiques à l'insu de tous, et qui a l'impression de disparaître.

De toutes ses forces, elle frappe la porte des deux poings. Elle espère ainsi que quelqu'un l'entednra, lui ouvrira de l'extérieur. Plus elle tape fort, plus le bruit est étonnament inconsistant. (page 128)

[...]Conséquence : elle prend conscience que, de la sorte, elle n'est plus quelqu'un ; qu'elle devient peu à peu un être dont l'existence a un rôle  purement pratique. Laisser s'écouler commédement les choses de l'extérieur. Toute la surface de sa peau se crispe dans une sensation de violente solitude, en une sorte de chair de poule. Elle crie très fort : "Non, je ne veux pas devenir comme ça!" Mais elle a beau avoir l'impression qu'elle a hurlé, en réalité,  sort de sa gorge une vois infiniment faible, évanescente. (page 131)

J'ai apprécié la galerie  de personnages tourmentés que Haruki Murakami nous propose. J'ai aimé l'ambiance du roman, une ambiance construite de manière originale, qui m'a parue  soignée et travaillée, intrigante, inquiétante. L'atmosphère est selon moi le grand atout de ce livre.

Les avis de Nina, Florinette, Sebastien L ,

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J'ai craqué !

De retour depuis quelques jours, je prends plaisir à parcourir vos blogs. Je vois fleurir des challenges un peu partout ... Au début j'étais pleine de bonnes résolutions et plutôt raisonnable. "Non, Soie, tu ne craqueras pas et tu finiras d'abord le challenge que tu as en cours (Blog o Trésors) ainsi que les livres qu'on t'a offerts (swaps et cadeaux) avant de t'inscrire où que ce soit.

Mais... vous êtes trop enthousiastes ! L'appel de la découverte me ronge (rire), l'envie de tenter de nouvelles expériences aussi comme lire en V.O. ... en plus on me propose gentiment de me prêter des livres ! Ch'hui fichue !!!

J'ai craqué (autant de volonté devant un livre que devant du chocolat, tiens !).

Voici les challenges qui me tentent :

english_classic

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Lire deux romans "classiques anglais" avant le 31 décembre 2010.

Challenge organisé par Karine :), c'est ICI

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100_ans_de_litterature_americaine

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100 ans de littérature américaine

Proposé par Bouh, voir ICI. Lire le nombre de livres que l'on veut d'ici le 31/12/2010. Seule contrainte, donner dès le départ une estimation minimale du nombre d'oeuvres que l'on souhaite lire. cette contrainte n'en est pas vraiment une puisqu'on peut s'inscrire pour un seul livre. Je me suis isncrite pour 5 livres.

Comme je n'ai pas encore eu le temps de passer chez tout le monde, il va peut être y en avoir d'autres.

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01 novembre 2009

L'automne à Pékin - Boris Vian (Blogoclub)

v_2707305898L'Automne à Pékin - Boris Vian

Les Editions de Minuit, 1956/1980, 283 pages. Suivi de Avant de relire "l'automne à Pékin" par François Caradec.

Quatrième de couverture : Ce matin-là, Amadi Dudu rata l'autobus. Or, non seulement ce contretemps ne compromit en rien sa journée, mais il l'engagea au contraire dans une série d'aventures bien extra-ordinaires, où se trouvaient mêlées toutes sortes de personnes au milieu desquelles il n'allait du reste pas tarder, lui Dudu, à se perdre ; mais cela n'était pas gênant du tout, au contraire. Inutile d'ajouter que rien dans cette histoire ne concerne l'automne, ni Pékin.

Le livre de Boris Vian est très drôle et tout à fait déchirant. A l'image de son auteur. A l'image de son auteur, lequel ne trouva le succès qu'après sa mort.

Mon avis :

Pour ce nouveau thème du blogoclub, je souhaitais lire L'Arrache Coeur  dont Abeille avait présenté un billet qui m'avait bien plu. En ce qui concerne les livres proposés par le Blogoclub, je préfère les acheter et je les garde, j'aime bien avoir un petit souvenir (en plus des billets) de ces échanges communs. Mais pas de chance, ce livre n'était pas dans les rayons de la librairie ce jour là.

Quand j'ai vu L'automne à Pékin, j'ai été attirée (naivement je croyais que l'histoire se déroulait à Pékin :-). J'ai quand même lu la quatrième de couverture sur place, donc on ne peut pas dire que ma déception vienne de là, j'ai vite vu de quoi il retournait.

En fait j'ai trouvé ce livre extrêmement difficile à lire. C'est sans doute une prouesse d'écriture, c'est bourré de jeux de mots et je pense que son auteur s'est bien amusé à l'écrire. (Je l'espère pour lui en tout cas).

Mais alors que j'ai trouvé cela amusant dans Contes de fées à l'usage des moyennes personnes (récit court, écrit dans une police assez grosse), là j'ai vite trouvé cela fatigant.

Fatigant d'autant plus que ça traine en longueur, je ne vois pas du tout où l'auteur voulait en venir ... il décrit des situations absurdes qui pourraient être amusantes si elles ne s'éternisaient pas sur un chapitre entier ... cela en devient un peu lourd. La combinaison d'absurde et de jeux de mots rend la lecture extrêmemnt difficile, j'ai cherché des explications de textes pour m'aider dans ma lecture mais je n'en ai trouvé aucune (personne n'a rien compris à ce livre alors ... ? sourire ...)

La seule petite clé que j'ai trouvée est à la fin du livre, dans la postface, il était expliqué que dans l'oeuvre de Boris Vian les différents personnages sont souvent les mêmes facettes d'une seule personne. Disons que cela explique une partie de l'histoire. Les héros ont des noms bizarres assez farfelus et il faut sans doute une culture que je suis loin d'avoir.

Par exemple dans la postface il est écrit: Cet amour est bien différent, l'un sensuel et satisfait, l'autre idéaliste et insatisfait, mais la nature même du nom minéral de Rochelle relie les deux professions qu'ils ont choisies, le verre et le cailloux. Pour les personnes qui n'ont pas lu le livre, je précise que Rochelle est une femme, et les deux hommes (dont j'avais bien retenu les professions) sont l'un son fiancé et l'autre leur ami, amoureux lui aussi de Rochelle. Mais pour moi Rochelle  évoque une belle ville de Charentes Maritimes qui tient peut être son nom de la roche, même avec l'explication j'ai un peu de mal à voir la jonction entre le verre et les cailloux, j'ai l'impression que le sens du roman me passe largement au dessus de la tête et je me sens frustrée.

J'ai arrêté ma lecture à la page 80 ... j'y reviendrai peut être ... et je reviendrai sans doute vers Boris Vian, j'ai toujours envie de décourvrir l'Arrache Coeur et je relirai bien l'Ecume des jours.

Merci à Sylire et Lisa pour ce nouveau volet du blogoclub, vous pouvez trouver la liste des billets concernant Boris Vian sur leur blog.

Posté par soieditenpassant à 12:18 - Littérature - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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