secretLe secret de Wilkie Collins

Traduit de l'anglais par Emile Forgues

Editions du Masque, collection Labyrinthes, 2002, 570 pages.

 

Quatrième de couverture :

En cette nuit du 23 Août 1829, sur la côte déchiquetée des Cornouailles, la résidence d'été des Treverton n'est plus que silence et ténèbres. La manoir tout entier est suspendu aux battements du coeur de la maîtresse de maison qui rend bientôt son souffle, laissant derrière elle un époux accablé, une fillette en pleurs et beaucoup de questions sans réponses.

Que contient, par exemple,  cette mystérieuse lettre confiée par Mrs Treverton à sa femme de chambre avant de mourir ? Et quel terrible secret Sarah Leeson préfère-t-elle dissimuler dans la demeure familiale avant de disparaître, s'opposant ainsi aux dernières volontés de la défunte ?

Un secret suffisamment effroyable pour que, des années plus tard, la domestique sorte de son silence afin d'empêcher Rosamund Treverton de retourner sur les lieux de son enfance, au risque d'y perdre son âme...

Wilkie Collins (1824-1889) est considéré aujourd'hui comme le père du roman policier anglais. Il est surtout un remarquable observateur de son temps et n'a pas son pareil pour sonder les âmes les plus sombres.

 

Ce que j'en ai pensé :

Le secret n'est pas un roman policier à proprement parler, dans le sens où il n'y a pas de crime ni d' enquête à mener pour découvrir un assassin. C'est plutôt, comme La pierre de lune ou La dame en blanc un roman à suspense, tout tourne autour d'une énigme à élucider.

Dans ce roman-ci, le secret m'a paru assez facile à découvrir, du moins dans le grandes lignes. J'ai préféré La pierre de lune, l'intrigue m'y a paru plus élaborée et l'humour y est plus présent, notamment grâce au personnage de Gabriel Betteredge. Mais j'ai néanmoins pris beaucoup de plaisir à lire Le secret. Tout comme pour les autres oeuvres de Wilkie Collins que je connais déjà, l'écriture est très soignée et c'est un vrai plaisir à déguster, malgré des descriptions parfois un peu longues. Pour chacun de ses récits, je trouve que l'auteur a réussi à créer des personnages de caractères différents et il a su les rendre crédibles et vivants  : ainsi, cette histoire-ci m'a paru plus romancée que la précédente, l'amour y tient une grande place. Deux figures cocasses, Andrew Treverton et son domestique Shrowl,  viennent égayer l'histoire. Lorsque j'ai découvert en toutes lettres la clé de l'énigme à deux cents pages de la fin, j'ai dans un premier temps éprouvé une petite déception. Néanmoins, en poursuivant ma lecture, j'ai continué à éprouver de l'intérêt pour l'histoire. Je ne pense pas qu'il faille se lancer dans la lecture de ce livre pour en attendre un suspense haletant (c'est loin d'être le cas) mais l'envisager dans un sens plus large, un roman victorien avec une intrigue. D'ailleurs l'ambiance, la peinture de moeurs victorienne sont des éléments qui me font apprécier l'écriture de Wilkie Collins.

En ce qui concerne la traduction, l'emploi récurrent du terme baby dans la version française, m'a un peu intriguée autant qu' agacée. Ce livre étant traduit de l'anglais, qu'est-ce qui a bien pu pousser le traducteur à conserver un mot en langue originale, d'autant plus que ce terme n'est guère utilisé en français ? Mystère ...

En résumé, Le secret m'a réservé une moment de lecture très agréable. J'ai beaucoup apprécié la qualité de l'écriture et je conseillerais plutôt ce roman à suspense à des lecteurs au caractère romantique.

Je joindrai bientôt un petit extrait à ce billet.

 

Ce livre a été lu dans le cadre du challenge English Classics. english_classics_vignette