lapluieavantquelletombeLa pluie, avant qu'elle tombe de Jonathan Coecoeur26

Titre original : The rain before it falls

Traduit de l'anglais par Jamila et Serge Chauvin

Editions Gallimard (Folio), 2009 pour la traduction française, 268 pages

 

Quatrième de couverture :

Rosamond vient de mourir, mais sa voix résonne encore, dans une confession enregistrée, adressée à la mystérieuse Imogen. S'appuyant sur vingt photos soigneusement choisies, elle laisse libre cours à ses souvenirs et raconte, des années quarante à aujourd'hui, l'histoire de trois générations de femmes, liées par le désir, l'enfance perdue et quelques lieux magiques. Et de son récit douloureux et intense naît une question, lancinante : y a-t-il une logique qui préside à ces existences ?

Tout Jonathan Coe est là : la virtuosité de la construction, le don d'inscrire l'intime dans l'Histoire, l'obsession des coïncidences qui font osciller nos vies entre hasard et destin. Et s'il délaisse cette fois le masque de la comédie, il nous offre du même coup son roman le plus grave et le plus poignant.

 

Ce que j'en ai pensé :

Roasmond vient de mourir, à l'âge de 73 ans. Elle laisse à sa nièce Gill un curieux testament sous la forme de vingt photos commentées sur des cassettes. Cet héritage est destinée  à une mystérieuse cousine, Imogen, que Gill n'a pas revue depuis vingt ans et qu'elle doit retrouver.

[Gill] : "La seule fois où je l'ai vue, c'était à l'anniversaire de Rosamond - ça devait être pour ses cinquante ans - et à l'époque elle ne devait pas avoir plus de sept ou huit ans." [...]

"Cette dame, dit Rosamond à la petite fille, c'est Gill, ma nièce. Tu ne le sais peut-être pas, mais Gill est de ta famille. Vous êtes cousines. Cousines au deuxième degré, si ça a un sens pour toi. Et elle est venue de très loin pour me voir aujourd'hui, comme toi. J'en ai de la chance, hein, que tous ces gens viennent me rendre visite pour mon anniversaire ! Gill, est-ce que tu t'amuses bien ? ça ne t'embête pas d'emmener un peu Imogen dans le jardin ? Tu sais, je crois qu'elle est un peu perdue, avec tous ces gens."

Imogen était très jolie, et très calme. Elle avait la mâchoire proéminente, un sourire à trous (elle avait perdu trois dents de lait), et ses cheveux blonds lui tombaient dans les yeux. Gill n'aurait jamais deviné qu'elle était aveugle si Rosamond ne le lui avait pas chuchoté avant de disparaître dans la maison.

Très vite, on pressent qu'il y a un lourd secret, qu'il y a eu un drame, dans cette famille.

"C'est drôle, avait dit Gill, qu'on soit de la même famille et qu'on ne se soit jamais rencontrées.

- Je n'habite pas avec ma mère, répondit Imogen. J'ai une autre famille.

- Ils ne sont pas venus avec toi ? demanda Gill en regardant autour d'elle.

- On est venus à Londres tous ensemble. Mais ils n'avaient pas envie de venir à la fête.

Par le biais des photos et les cassettes, Rosamond va essayer de restituer à Imogen son passé, son histoire, son identité. Cette histoire, c'est aussi une partie de l'histoire de la famille de Gill, qui va la découvrir avec ses filles : Elle avait finit par décréter (avec la complicité avide de ses filles)  qu'il serait peut-être raisonnable d'écouter les cassettes d'Imogen, ne serait-ce que dans l'espoir qu'elles renferment un indice permettant de la localiser. Au fil des pages,  j'avais réellement l'impression de feuilleter un album de famille aux côtés de Rosamond, tant le ton employé est naturel, sensible , comme celui d' une personne qui rassemble ses souvenirs, Chaque photo décrite avec soin et j'ai ainsi découvert l'histoire de Rosamond,  étroitement associée à celle d'Imogen. Les personnages et leurs sentiments sont complexes.

Ce roman traite  d'un sujet douloureux,  le désamour maternel, et de ses répercussions sur plusieurs générations. Le personnage de  Rosamond, tout en finesse et en sensibilité, est particulièrement attachant. 

Il ne m'a pas fallu plus de trois jours pour finir le livre.

C'est une lecture commune faite avec Georges Sand, Restling, Chaplum, Nickie, Emilie, Hataway et Karine:) .

Et aussi l'avis de Keisha.

 

Pour les lecteurs que cela intéresserait, j'ai découvert chez Georges Sand qu'il existe un challenge Jonathan Coe organisé par June et  Myrrdin. Le défi : lire au moins deux livres de Jonathan Coe pour le 1er avril 2011 (mini challenge) ou lire les huit romans de Jonathan Coe pour le 1er Novembre 2011 (maxi challenge).

Je crois que je vais m'inscrire pour le mini challenge (en comptant ce livre-ci), en effet j'aimerais bien lire Testament à l'anglaise.

Il est 22h54, nous sommes donc encore le 9 septembre et je suis officiellement dans les temps ;-) ... 

Hataway, si tu passes par là, j'ai lu ton billet, j'ai un ressenti très proche du tien mais je n'ai pas réussi à te laisser de commentaires, impossible d'ouvrir le lien en question. Je réessaierai demain.