11 novembre 2010

Les hauts de Hurlevent de Emily Brontë - Challenge English Classics # 4

hauts_de_hurleventLes Hauts de Hurle-Vent de Emily Brontë

Titre original : Wuthering Heights

Traduction de Frédéric Delebecque

Editions Payot, année inconnue, 441 pages

 

Emily Brontë (30 juillet 1818 - 19 décembre 1848) n'avait pas encore trente ans quand elle a composé Les hauts de Hurle-vent. Ce livre a été publié pour la première fois, à compte d'auteur, vers la fin 1847, un an avant le décès de son auteur. En raison des préjugés à l'encontre des auteurs féminins, Emily Brontë a alors utilisé le pseudonyme masculin d' Ellis Bell.

En 1846, Emily avait déjà publié, avec ses soeurs Charlotte et Anne, un recueil de  poésies. Les poèmes d'Emily Brontë sont reconnus pour être de grande qualité. Beaucoup d'entre eux ont été écrits dans le cadre du cycle de Gondal, un pays imaginaire qu'elle a créé avec sa soeur Anne.

 

L'histoire :

Le récit débute ainsi :

1801. - Je viens de rentrer après une visite à mon propriétaire, l'unique voisin dont j'ai à m'inquiéter. En vérité, ce pays-ci est merveilleux! Je ne crois pas que j'eusse pu trouver, dans toute l'Angleterre, un endroit plus complètement à l'écart de l'agitation mondaine. Un vrai paradis pour misanthrope : et Mr Heathcliff et moi sommes si bien faits pour nous partager ce désert!

Mr Lockwood, le narrateur, dont nous apprendrons en fait assez peu de choses, a loué à Mr Heathcliff  le manoir de Thrushcross Grange (La Grange aux Grives) pour un an. Il est intrigué par ses fort peu sociables voisins, habitant à quelques miles de là une demeure baptisée Les Hauts de Hurle-Vent :

  Wuthering Heights (Les Hauts de Hurle-Vent), tel est le nom de l'habitation de Mr Heathcliff : "wuthering" est un provincialisme qui rend d'une façon expressive le tumulte de l'atmosphère auquel sa situation expose cette demeure en temps d'ouragan. Certes on doit avoir là-haut un air pur et salubre en toute saison : la force avec laquelle le vent du nord souffle par-dessus la crête se devine à l'inclinaison excessive de quelques sapins rabougris plantés à l'extrémité de la maison, et à une rangée de maigres épines qui toutes étendent leurs rameaux du même côté, comme si elles imploraient l'aumône du soleil. Heureusement l'architecte a eu la précaution de bâtir solidement : les fenêtres étroites  sont profondément enfoncées dans le mur et les angles protégés par de grandes pierres en saillie.

   Avant de franchir le seuil, je me suis arrêté pour admirer une quantité de sculptures grotesques prodiguées sur la façade, spécialement autour de la porte principale. Au-dessus de celle-ci, et au milieu d'une nuée de griffons délabrés et de bambins éhontés, j'ai découvert la date "1500" et le nom de "Hareton Earnshaw". J'aurais bien fait quelques commentaires et demandé au revêche propriétaire un histoire succincte du domaine ; mais son attitude à la porte semblait exiger de moi une entrée rapide ou un départ définitif, et je ne voulais pas aggraver son impatience avant d'avoir inspecté l'intérieur.

Lorsque s'ouvre le livre, les Hauts de Hurle-Vent sont habités par le taciturne et sauvage Heathcliff, sa belle-fille Cathy, le domestique Joseph, revêche et bigot, et Hareton Earnshaw, cousin bourru et mal dégrossi de Cathy.

Deux récits vont alors s'enchâsser l'un dans l'autre : celui du séjour de Mr Lockwood  à Thrushcross Grange d'octobre 1801 à octobre 1802, au travers duquel  nous apprenons le destin funeste de deux familles voisines, les Linton et les Earnshaw. Leur histoire est rapportée par Hélène Dean, femme de charge de Thrushcross Grange, anciennement au service de la famille Linton.

 

Ce que j'en ai pensé :

Il est  fascinant de constater à quel point, dans ce roman, les personnages semblent être le reflet de la nature qui les environne : la lande sauvage, austère, désolée, battue par les vents, indomptable en quelque sorte, m'évoque clairement le caractère de Heathcliff et de Catherine Earnshaw, et dans une moindre mesure celui de Joseph et de Hareton.

Les Hauts de Hurle-Vent est aujourd'hui considéré comme l'une dernière oeuvres majeures du romantisme européen. 

Le romantisme est un mouvement culturel européen qui caractérise le début du XIXème siècle. En France, parmi nos auteurs romantiques, on peut citer par exemple Victor Hugo et Charles Baudelaire.

Le romantisme se caractérise notamment par l'expression d'un certain mal-être, d'un d'état mélancolique. Parfois, même, le héros s'y complaît et s'y enferme. La nature tient une place importante. L'automne, les orages, les tempêtes sont des thèmes qui reviennent régulièrement dans les oeuvres romantiques. C'est aussi un mouvement caractérisé par l'expression des sentiments et les formulations passionnées. 

On retrouve bien dans les Hauts de Hurle-vent ces traits relatifs au romantisme, on peut même dire que l'expression de la passion y a été portée à son paroxysme.

C'est un roman aux accents sombres,  avec des personnages torturés (voire même à la limite de la folie) au destin tragique et pourtant il en émane une beauté sauvage (du moins c'est mon ressenti).

C'est impressionnant de constater que ce roman a été écrit par une jeune femme qui avait à peine trente ans et qui vivait quasiment en recluse.

Ce billet est aussi un petit clin d'oeil à la météo du jour ;-)

J'ai pris plaisir à le relire dans le cadre du challenge English Classics. english_classics_vignette

 

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30 juillet 2010

Le secret - Wilkie Collins - Challenge English Classics # 3

secretLe secret de Wilkie Collins

Traduit de l'anglais par Emile Forgues

Editions du Masque, collection Labyrinthes, 2002, 570 pages.

 

Quatrième de couverture :

En cette nuit du 23 Août 1829, sur la côte déchiquetée des Cornouailles, la résidence d'été des Treverton n'est plus que silence et ténèbres. La manoir tout entier est suspendu aux battements du coeur de la maîtresse de maison qui rend bientôt son souffle, laissant derrière elle un époux accablé, une fillette en pleurs et beaucoup de questions sans réponses.

Que contient, par exemple,  cette mystérieuse lettre confiée par Mrs Treverton à sa femme de chambre avant de mourir ? Et quel terrible secret Sarah Leeson préfère-t-elle dissimuler dans la demeure familiale avant de disparaître, s'opposant ainsi aux dernières volontés de la défunte ?

Un secret suffisamment effroyable pour que, des années plus tard, la domestique sorte de son silence afin d'empêcher Rosamund Treverton de retourner sur les lieux de son enfance, au risque d'y perdre son âme...

Wilkie Collins (1824-1889) est considéré aujourd'hui comme le père du roman policier anglais. Il est surtout un remarquable observateur de son temps et n'a pas son pareil pour sonder les âmes les plus sombres.

 

Ce que j'en ai pensé :

Le secret n'est pas un roman policier à proprement parler, dans le sens où il n'y a pas de crime ni d' enquête à mener pour découvrir un assassin. C'est plutôt, comme La pierre de lune ou La dame en blanc un roman à suspense, tout tourne autour d'une énigme à élucider.

Dans ce roman-ci, le secret m'a paru assez facile à découvrir, du moins dans le grandes lignes. J'ai préféré La pierre de lune, l'intrigue m'y a paru plus élaborée et l'humour y est plus présent, notamment grâce au personnage de Gabriel Betteredge. Mais j'ai néanmoins pris beaucoup de plaisir à lire Le secret. Tout comme pour les autres oeuvres de Wilkie Collins que je connais déjà, l'écriture est très soignée et c'est un vrai plaisir à déguster, malgré des descriptions parfois un peu longues. Pour chacun de ses récits, je trouve que l'auteur a réussi à créer des personnages de caractères différents et il a su les rendre crédibles et vivants  : ainsi, cette histoire-ci m'a paru plus romancée que la précédente, l'amour y tient une grande place. Deux figures cocasses, Andrew Treverton et son domestique Shrowl,  viennent égayer l'histoire. Lorsque j'ai découvert en toutes lettres la clé de l'énigme à deux cents pages de la fin, j'ai dans un premier temps éprouvé une petite déception. Néanmoins, en poursuivant ma lecture, j'ai continué à éprouver de l'intérêt pour l'histoire. Je ne pense pas qu'il faille se lancer dans la lecture de ce livre pour en attendre un suspense haletant (c'est loin d'être le cas) mais l'envisager dans un sens plus large, un roman victorien avec une intrigue. D'ailleurs l'ambiance, la peinture de moeurs victorienne sont des éléments qui me font apprécier l'écriture de Wilkie Collins.

En ce qui concerne la traduction, l'emploi récurrent du terme baby dans la version française, m'a un peu intriguée autant qu' agacée. Ce livre étant traduit de l'anglais, qu'est-ce qui a bien pu pousser le traducteur à conserver un mot en langue originale, d'autant plus que ce terme n'est guère utilisé en français ? Mystère ...

En résumé, Le secret m'a réservé une moment de lecture très agréable. J'ai beaucoup apprécié la qualité de l'écriture et je conseillerais plutôt ce roman à suspense à des lecteurs au caractère romantique.

Je joindrai bientôt un petit extrait à ce billet.

 

Ce livre a été lu dans le cadre du challenge English Classics. english_classics_vignette

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20 juillet 2010

Le chien des Baskerville - Sir Arthur Conan Doyle - English Classics # 2

chien_baskervilleLe chien des Baskerville de Conan Doyle.

Titre original : The hound of the Baskervilles

Traduction de Bernard Tourville

Editions Robert Laffont, 254 pages

 

Résumé :

Depuis plusieurs générations, une malédiction pèse sur la famille Baskerville. Ses membres décèdent les uns après les autres de mort violente et mystérieuse. La légende en attribue la cause à un chien diabolique, créature  surnaturelle qui vengerait le meurtre d'une servante commis plus d'un siècle auparavant par Hugo Baskerville.

La dernière victime en date est Sir Charles Baskerville, philanthrope qui vivait de manière assez retirée en compagnie de quelques domestiques à Baskerville Hall.  Sir Charles a été retrouvé dans une allée de son jardin, décédé manifestement à la suite d'une fuite éperdue, le visage déformé par la terreur. Son médecin et ami le docteur Mortimer, appelé sur les lieux, a remarqué à quelque distance du corps les empreintes d'un chien  gigantesque.

Le docteur Mortimer souhaite engager Sherlock Holmes et son fidèle assistant le docteur Watson, pour enquêter sur la mort de Sir Charles et assurer la protection de Sir Henry, dernier héritier des Baskerville.

 

Ce que j'en ai pensé :

Je me suis replongée avec délices dans cette aventure que j'ai déjà lues plusieurs fois. Mon exemplaire est d'ailleurs une véritable relique, à la couverture fatiguée et aux pages jaunies. Je n'ai évidemment pas eu le plaisir de la découverte, mais j'ai à nouveau apprécié la qualité de l'intrigue. Le narrateur, qui n'est autre que  le docteur Watson,  nous livre son témoignage, en tant qu'assistant du détective. Nous suivons ainsi la progression de l'enquête ... ou bien nous sommes, avec le narrateur,  habilement égarés vers de fausses pistes. Les rapports entre Sherlock Holmes et le docteur Watson, ce dernier servant de faire valoir au génial enquêteur qui ne doute à aucune moment de ses capacités, peuvent de temps en temps agacer quand on n'apprécie pas particulièrement l'arrogance.

Tout au long de l'histoire se déploie une ambiance mystérieuse et inquiétante. Beauté sauvage et inhospitalière de la lande,  sinistres et perfides marécages de Grimpen,  habitants aussi âpres et tourmentés que la nature qui les environne, climat pluvieux contribuent à  donner une atmosphère puissante à ce roman. 

Le chien des Baskerville est paru pour la première fois en 1901 dans le Stand Magazine.

 

J'ai lu ce livre dans la cadre du challenge     english_classics_vignette

Comme le défi était de lire au moins deux classiques anglais, j'ai atteint mon but mais rassurez vous (ou désolez vous ! :-) ), je ne m'arrêterai pas là. D'autres articles devraient bientôt arriver.

 

Posté par soieditenpassant à 20:07 - - Commentaires [13] - Rétroliens [0]
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15 juillet 2010

La Pierre de Lune - Wilkie Collins - Challenge English Classics # 1

imageLa Pierre de Lune de Wilkie Collins                                coeur26                               

Titre original : The Moonstone

Traduit de l'anglais par : L.Lenob

Editions du Masque, collection Labyrinthes, 2003, 570 pages

 

Quatrième de couverture :

"La Pierre de Lune se vengera !"

Mais que veut dire le Brahmane mourant qui lance cet anathème sur la famille Verinder ? Vous le saurez en pénétrant dans le monde à tiroirs de ce roman dont l'héroïne, Rachel, est une intrépide jeune file de 18 ans. Il y sera question d'un diamant baptisé Pierre de Lune qui attise les convoitises et sème le malheur sur son passage et d'un policier de Scotland Yard, le Sergent Cuff, aux manies surprenantes, qui aura pour mission de démêler l'écheveau serré d'une intrigue complexe comme Collins en a le secret. Au cours de l'enquête, vous croiserez aussi le très étrange Gabriel Betteredge et la non moins excentrique Miss Clack ...

Le poète T.S. Eliot disait de ce roman qu'il était "le premier, le plus abondant et le meilleur de tout ce que l'Angleterre a produit en matière de roman d'énigme". Il est sans conteste l'un des chefs-d'oeuvre de Wilkie Collins, le pionnier victorien du roman à suspense.

 

Mon avis :

Ma première approche des oeuvres de Wilkie Collins avec La Dame en Blanc n'avait pas été très concluante. J'ai pourtant eu envie de tenter à nouveau l'expérience, avec beaucoup plus de succès cette fois. Ce roman met en scène une galerie de personnages reliés à la même intrigue. Chacun donne, à tour de rôle, son point de vue sur les évènements dont il a été témoin. Ce qui m'a le plus conquise est le soin  avec lequel le caractère de chaque personnage est esquissé, ainsi que leur diversité. Certains sont émouvants, d'autres intrépides ou encore pittoresques. Notamment le portrait de Gabriel Betteredge, intendant de la maison de Lady Verinder,  est développé avec beaucoup d'humour et particulièrement savoureux. De même que celui de Miss Clack, dévote acharnée à distribuer la bonne parole et les lectures pieuses ....  L'intrigue est, elle aussi, soignée et ce livre, que j'ai lu assez rapidement tant j'avais hâte de savoir la suite, m'a procuré l'un de mes meilleurs moments de lectures de cet hiver.

Ce livre a été écrit en 1868. Si la description des différents lieux, des mentalités  et des rapports des personnages les uns aux autres témoigne bien de l'époque, l'écriture elle est intemporelle et ne m'a pas du tout paru désuète.

J'ai lu ce livre dans la cadre du Challenge english_classics_vignette

 

D'autres avis chez Keisha, Emily, Titine, Cecile's Blog

Challenge English Classics # 1

Posté par soieditenpassant à 15:23 - - Commentaires [6] - Rétroliens [0]
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