Le secret - Wilkie Collins - Challenge English Classics # 3
Traduit de l'anglais par Emile Forgues
Editions du Masque, collection Labyrinthes, 2002, 570 pages.
Quatrième de couverture :
En cette nuit du 23 Août 1829, sur la côte déchiquetée des Cornouailles, la résidence d'été des Treverton n'est plus que silence et ténèbres. La manoir tout entier est suspendu aux battements du coeur de la maîtresse de maison qui rend bientôt son souffle, laissant derrière elle un époux accablé, une fillette en pleurs et beaucoup de questions sans réponses.
Que contient, par exemple, cette mystérieuse lettre confiée par Mrs Treverton à sa femme de chambre avant de mourir ? Et quel terrible secret Sarah Leeson préfère-t-elle dissimuler dans la demeure familiale avant de disparaître, s'opposant ainsi aux dernières volontés de la défunte ?
Un secret suffisamment effroyable pour que, des années plus tard, la domestique sorte de son silence afin d'empêcher Rosamund Treverton de retourner sur les lieux de son enfance, au risque d'y perdre son âme...
Wilkie Collins (1824-1889) est considéré aujourd'hui comme le père du roman policier anglais. Il est surtout un remarquable observateur de son temps et n'a pas son pareil pour sonder les âmes les plus sombres.
Ce que j'en ai pensé :
Le secret n'est pas un roman policier à proprement parler, dans le sens où il n'y a pas de crime ni d' enquête à mener pour découvrir un assassin. C'est plutôt, comme La pierre de lune ou La dame en blanc un roman à suspense, tout tourne autour d'une énigme à élucider.
Dans ce roman-ci, le secret m'a paru assez facile à découvrir, du moins dans le grandes lignes. J'ai préféré La pierre de lune, l'intrigue m'y a paru plus élaborée et l'humour y est plus présent, notamment grâce au personnage de Gabriel Betteredge. Mais j'ai néanmoins pris beaucoup de plaisir à lire Le secret. Tout comme pour les autres oeuvres de Wilkie Collins que je connais déjà, l'écriture est très soignée et c'est un vrai plaisir à déguster, malgré des descriptions parfois un peu longues. Pour chacun de ses récits, je trouve que l'auteur a réussi à créer des personnages de caractères différents et il a su les rendre crédibles et vivants : ainsi, cette histoire-ci m'a paru plus romancée que la précédente, l'amour y tient une grande place. Deux figures cocasses, Andrew Treverton et son domestique Shrowl, viennent égayer l'histoire. Lorsque j'ai découvert en toutes lettres la clé de l'énigme à deux cents pages de la fin, j'ai dans un premier temps éprouvé une petite déception. Néanmoins, en poursuivant ma lecture, j'ai continué à éprouver de l'intérêt pour l'histoire. Je ne pense pas qu'il faille se lancer dans la lecture de ce livre pour en attendre un suspense haletant (c'est loin d'être le cas) mais l'envisager dans un sens plus large, un roman victorien avec une intrigue. D'ailleurs l'ambiance, la peinture de moeurs victorienne sont des éléments qui me font apprécier l'écriture de Wilkie Collins.
En ce qui concerne la traduction, l'emploi récurrent du terme baby dans la version française, m'a un peu intriguée autant qu' agacée. Ce livre étant traduit de l'anglais, qu'est-ce qui a bien pu pousser le traducteur à conserver un mot en langue originale, d'autant plus que ce terme n'est guère utilisé en français ? Mystère ...
En résumé, Le secret m'a réservé une moment de lecture très agréable. J'ai beaucoup apprécié la qualité de l'écriture et je conseillerais plutôt ce roman à suspense à des lecteurs au caractère romantique.
Je joindrai bientôt un petit extrait à ce billet.
Ce livre a été lu dans le cadre du challenge English Classics. 
Le chien des Baskerville - Sir Arthur Conan Doyle - English Classics # 2
Le chien des Baskerville de Conan Doyle.
Titre original : The hound of the Baskervilles
Traduction de Bernard Tourville
Editions Robert Laffont, 254 pages
Résumé :
Depuis plusieurs générations, une malédiction pèse sur la famille Baskerville. Ses membres décèdent les uns après les autres de mort violente et mystérieuse. La légende en attribue la cause à un chien diabolique, créature surnaturelle qui vengerait le meurtre d'une servante commis plus d'un siècle auparavant par Hugo Baskerville.
La dernière victime en date est Sir Charles Baskerville, philanthrope qui vivait de manière assez retirée en compagnie de quelques domestiques à Baskerville Hall. Sir Charles a été retrouvé dans une allée de son jardin, décédé manifestement à la suite d'une fuite éperdue, le visage déformé par la terreur. Son médecin et ami le docteur Mortimer, appelé sur les lieux, a remarqué à quelque distance du corps les empreintes d'un chien gigantesque.
Le docteur Mortimer souhaite engager Sherlock Holmes et son fidèle assistant le docteur Watson, pour enquêter sur la mort de Sir Charles et assurer la protection de Sir Henry, dernier héritier des Baskerville.
Ce que j'en ai pensé :
Je me suis replongée avec délices dans cette aventure que j'ai déjà lues plusieurs fois. Mon exemplaire est d'ailleurs une véritable relique, à la couverture fatiguée et aux pages jaunies. Je n'ai évidemment pas eu le plaisir de la découverte, mais j'ai à nouveau apprécié la qualité de l'intrigue. Le narrateur, qui n'est autre que le docteur Watson, nous livre son témoignage, en tant qu'assistant du détective. Nous suivons ainsi la progression de l'enquête ... ou bien nous sommes, avec le narrateur, habilement égarés vers de fausses pistes. Les rapports entre Sherlock Holmes et le docteur Watson, ce dernier servant de faire valoir au génial enquêteur qui ne doute à aucune moment de ses capacités, peuvent de temps en temps agacer quand on n'apprécie pas particulièrement l'arrogance.
Tout au long de l'histoire se déploie une ambiance mystérieuse et inquiétante. Beauté sauvage et inhospitalière de la lande, sinistres et perfides marécages de Grimpen, habitants aussi âpres et tourmentés que la nature qui les environne, climat pluvieux contribuent à donner une atmosphère puissante à ce roman.
Le chien des Baskerville est paru pour la première fois en 1901 dans le Stand Magazine.
J'ai lu ce livre dans la cadre du challenge 
Comme le défi était de lire au moins deux classiques anglais, j'ai atteint mon but mais rassurez vous (ou désolez vous ! :-) ), je ne m'arrêterai pas là. D'autres articles devraient bientôt arriver.
Recherche le titre d'un livre - J'ai besoin de vous SVP
Bonjour,
Il y a de cela plusieurs mois, sans doute l'année dernière puisque je ne suis pas beaucoup venue en ligne de janvier à juin, j'ai remarqué sur les blogs un livre qui a attiré mon attention. J'ai oublié de le noter aussitôt et je n'arrive plus à me rappeler du titre.
Dans mon souvenir, il est question d'une femme aveugle qui reçoit en héritage des photos, et une amie (ou sa petite fille) les lui décrit ... voilà l'histoire ... de près ou de loin, il est possible qu'avec le temps je me sois un peu embrouillé les idées...
Est ce que cela rappelle quelque chose à quelqu'un ?
Merci d'avance.
Votre chat vous aime-t-il vraiment ? - Eric-Emmanuel Schmitt - Découvrons un auteur # 1
Votre chat vous aime-t-il vraiment ? Une nouvelle de Eric-Emmanuel Schmitt.
Editions Pathé, 2007, 45 pages.
Cette nouvelle, parue aux Editions Pathé, était jointe au DVD Odette Toulemonde. Je ne pense pas qu'elle ait été diffusée séparément. Je la propose en livre voyageur.
Voici donc comment tout commence :
Au début, comme tout le monde, j'ai trouvé ça drôle.
Très drôle, même.
Ce matin-là, après avoir sauté du lit dans mon pantalon, sans passer sous la douche, je sortis en hâte mes chiens dont les plaintes signalaient un besoin urgent de soulagement.
Redoutant de devoir m'arrêter pour parler avec un voisin alors qu'une sale faim torturait mon estomac, j'avançais tête basse, le front préoccupé, remorqué par mon attelage de labradors haletants, langues pendantes, mousse de bave autour des gueules. Il faut préciser qu'Hugo, Boris et Thermidor, crocs parfaits, poitrails puissants, muscles saillants sous leur poil noir lustré, écartent les piétons, créant un couloir de respect terrorisé dans lequel je n'ai qu'à me laisser glisser. Je soupçonne ces animaux imaginatifs de se prendre pour des chiens de traîneaux et de s'amuser à me transformer en une sorte de Ben Hur sans char.
Alors que nous déboulions sur la place gazonnée où ils lèvent leur première patte du jour, mon cerveau reçut le message.
- Votre chat vous aime-t-il vraiment ?
La phrase me frappa d'emblée au plus profond.
- Votre chat vous aime-t-il vraiment ?
Bonne question, me dis-je, je ne me l'étais jamais posée... Mon chat m'aime-t-il vraiment ?
Comme je craignais d'apporter une réponse à cette interrogation - j'avais naturellement remplacé "chat" par "chien" -, je ris de l'incongruité de la situation. Quelle idée cocasse ! Qui s'amuse à poser de telles affiches dans la rue ?
Dès que j'eus permis à Hugo, Boris et Thermidor, d'écrire à jets d'urine contre les arbres leur journal quotidien à l'intention des autres quadrupèdes du quartier, je les tirai pour revenir vers les parcmètres où étaient placardés une dizaine de prospectus, de simples photocopies sans couleurs, lettres blanches se détachant sur fond grisé. Ni logo ni message n'accompagnaient ces mots : votre chat vous aime-t-il vraiment ?
Etait-ce le début d'une campagne publicitaire ? Nous révèlerait-on le nom de la marque plus tard ?
En poursuivant la promenade, je découvris que l'annonce avait été placée en maints endroits, bancs publics, panneaux de signalisation, abribus. Du travail d'amateur. J'eus l'idée que cette prolifération n'affectait que notre quartier et ne touchait pas le reste de la ville, hypothèse que je vérifiai dans l'après midi en me rendant à plusieurs rendez-vous.
J'en déduisis que l'auteur de cette campagne locale devait être un individu, pas une compagnie commerciale. Un nouveau message nous révèlerait bientôt son identité.
La semaine s'écoula. Les papiers disparaissaient, soit qu'ils tombassent d'eux-mêmes, soit qu'on les arrachât. A mesure qu'ils s'envolaient, ils quittaient mon esprit.
Lundi, propulsé au dehors par mes trois molosses qui me traînèrent ensuite jusqu'à la place, je découvris la nouvelle livraison :
- Croyez-vous que c'est pour vous que le soleil se lève ?
Ce que j'en ai pensé :
C'est une petite histoire plaisante à lire pour se détendre. Le narrateur, un écrivain, intrigué par ces affiches, mène son enquête. Conquise par ce sympathique quatuor - l'écrivain bonhomme sillonnant son quartier remorqué par ses fougueux molosses -, je me suis attachée à leurs pas, impatiente de découvrir le fin mot de l'affaire. Contrairement à ce que pourrait laisser penser le titre, le chat n'est omniprésent dans ces pages, mais tient, d'une certaine façon, un rôle crucial. Avis aux lecteurs, donc, n'ouvrez pas ces pages en espérant y lire l'histoire d'un chat ou un manuel de psychologie féline.
Quant au passage que j'ai cité en introduction, il reflète assez fidèlement le ton du livre. C'est un style comme je les aime, utilisant des tournures assez soutenues et soignées, sans pour autant être pompeux. J'ai apprécié l'humour dont l'auteur a généreusement fait preuve tout au long de son récit, prêtant à sourire même lorsqu'il évoque des situations plus sombres.
J'ai lu cette nouvelle dans le cadre du thème Découvrons un auteur organisé par Pimprenelle. Ce mois-ci, Eric-Emmanuel Schmitt était donc à l'honneur, et le mois prochain nous lirons un livre de Yoko Ogawa.
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Mort en lisière - Margaret Atwood - Prix Littéraire des Blogueurs # 4
Mort en lisière de Margaret Atwood
Titre original : Wilderness tips
Traduit de l'anglais (Canada) par François Dupuigrenet-Desroussilles
Editions Robert Laffont, collection Pavillons Poche, 1996 et 2009 pour la traduction française
Quatrième de couverture :
Qu'est ce qui fait déraper une existence ? Un souvenir, une rupture, la prise de conscience soudaine que tel évènement était plus important qu'il n'a paru d'abord ? Pourquoi, par un beau jour, un ressort se grippe-t-il, donnant soudain à nos vies un tour inattendu, un goût doux-amer, lucide et ironique à la fois ?
C'est à ces questions que Margaret Atwood tente de répondre à travers les dix nouvelles qui composent ce livre, dont les protagonistes - hommes et femmes, femmes surtout - sont tous unis par cette expérience secrète.
L'auteur du Tueur aveugle et de tant d'autres chefs-d'oeuvre (La Servante écarlate, Oeil-de-chat) nous offre des récits tendres et incisifs qui confirment son intelligente aigüe de la société contemporaine et de la condition humaine, cette sensibilité qui lui vaut une véritable reconnaissance - le terme n'est pas trop fort - de la part de très nombreux lecteurs qu'elle a conquis à travers le monde.
Ce que j'en ai pensé :
Je me suis laissée porter par ce livre sans déplaisir mais sans vraiment entrer dans les histoires. C'était pour moi l'occasion d'avoir un aperçu de la littérature canadienne. Le Toronto des années soixante à quatre-vingt est assez présent. Ces nouvelles mettent en scène des personnes qui se remémorent leur passé... leur vie n'a pas évolué comme elles auraient pu s'y attendre. J'ai déambulé au fil de ces histoires un peu comme une touriste qui découvre une ville avec un oeil curieux, aimerait approfondir sa visite et mieux connaître les habitants, mais malgré ce désir reste finalement à un stade assez superficiel. Peut être est-ce dû au rythme qui m'a paru assez lent, j'ai eu l'impression d'être engluée dans une époque révolue et mélancolique. Il se dégage également de ces pages une profonde impression de solitude, sous divers visages : la solitude d'une femme au sein de son mariage et de sa famille (Dans la jungle des familles) ; celle d'une maîtresse négligée par son amant (Un cadeau empoisonné) ; celle de femmes ayant perdu un(e) ami(e) proche (Les années de plomb, Mort en lisière, Hommage à Molly).
J'ai lu ce recueil il y a un mois, et j'ai du le relire presque intégralement pour rédiger ce billet. Finalement, des dix nouvelles, je ne me souvenais que de quatre :
- Courrier du coeur, où, dans un camp de vacances, des idylles se nouent entre les jeunes résidents et des serveuses.
- Un cadeau empoisonné, où une maîtresse délaissée ourdit une vengeance machiavélique.
- Isis dans les ténèbres, qui décrit le parcours fastideux et chaotiques de deux passionnés de poésie, et
- Mort en lisière, où une adolescente doit faire face à la disparition tragique de son amie, alors qu'elle était en sa compagnie.
Je me suis replongée dans les autres, me rappelant de petits détails de ci de là mais pas de l'histoire elle-même. La lecture a de nouveau été agréable mais là encore ma mémoire peine à fixer ces tranches de vie. Une des nouvelles porte le titre des Années de plomb et c'est peut être cela qui en un sens m'engourdit un peu, une atmosphère étrangement plombée... et plombante.
Par contre j'ai trouvé la fuite du temps assez bien rendue, me représentant le changement de physionomie de Toronto au fil des décennies, aussi bien au niveau de l'atmosphère que des mentalités.
Malgré ce billet un peu mitigé, j'aimerais bien retrouver Margaret Atwood mais cette fois avec un roman, Tueur aveugle ou la Servante Ecarlate (ou les deux... sourire...) car je sais qu'ils ont été très appréciés.
J'ai lu Mort en lisière dans le cadre du 
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Rang de lecture : n° 4/10
Je remercie
qui m'a offert ce livre dans la cadre du Prix Indiana.
Inscription à Paperblog
Je valide l'inscription de ce blog au service Paperblog sous le pseudo soie.
Nouveau Challenge : In the Mood for Japan
En lisant hier le blog de Catherine (La culture se partage) j'ai découvert le challenge suivant :
Bien que ma conscience se soit évertuée à me persuader qu'après six mois d'absence, une certaine mesure serait de rigueur, je n'ai pas résisté plus de 5 minutes avant de m'inscrire.
Proposé par Choco, le challenge se déroulera sur un an et prendra fin pour le deuxième anniversaire de son blog, Le Grenier à Livres. (début juin 2011)
3 niveaux nous sont proposés :
- Ronin : 3 titres
- Samouraï : 6 titres
- Sensei : 12 titres
Je me suis inscrite pour 6 titres.
Sont acceptés : littérature japonaise, essais et récits de voyage évoquant le Japon, recueils de poésie.
Sont exclus : les auteurs autres que Japonais (sauf exception), albums, BD et mangas.
Pour connaître les modalités de participation dans leur intégralité, cliquez sur le logo ci dessus.
Pour découvrir la liste des participants, rendez vous ICI .
Bon dimanche et bon challenge, si jamais vous vous laissez tenter.
La chaussure sur le toit - Vincent Delecroix
La chaussure sur le toit de Vincent Delecroix 
Editions Gallimard (Collection Folio), 2007, 248 pages
Quatrième de couverture :
"Dans cette époque, ai-je dit à voix haute, le sacrifice d'une chaussure vaut bien le sacrifice d'une vie, n'est-ce pas ?"
Au centre du roman, une chaussure abandonnée sur un toit parisien. Tous les personnages fréquentent le même immeuble, à proximité de la gare du Nord. On croisera un enfant rêveur, un cambrioleur amoureux, trois malfrats déjantés, un immigré sans papiers, un présentateur de télévision, un chien mélancolique, un pompier homosexuel, une vielle dame excentrique, un artiste (très) contemporain, un ange en pantalon ... et une chaussure pleine de ressources romanesques, tour à tour outil de vengeance, objet philosophique, support amoureux ...
En dix récits imbriqués les uns dans les autres, Vincent Delecroix esquisse, avec humour et légèreté, les multiples visages de l'amour et de la solitude.
Mon avis :
Ce recueil comprend dix nouvelles avec pour fil directeur commun une chaussure abandonnée sur le toit d'un immeuble parisien, près de la gare du Nord. Nous entrons tour à tour dans l'intimité des différents habitants, y compris celles du chien Floc et du chat Cerbère.A chaque protagoniste correspond une version différente de l'histoire, certaines versions sont compatibles et d'autres non. Romantique, philosophique, tendre, ou émouvante, chaque nouvelle a son propre style bien maîtrisé et constitue une histoire à part entière. Je n'ai pas eu l'impression de survoler des histoires sans réellement entrer dedans comme c'est le cas pour certains recueils de nouvelles. Les personnages sont décrits de façon particulièrement vivante, et attachants. C'est donc un coup de coeur pour cet auteur dont j'avais déjà énormément apprécié, au théâtre, une pièce intitulée A la porte.
Je le propose en livre voyageur si cela tente quelqu'un.
La Pierre de Lune - Wilkie Collins - Challenge English Classics # 1
La Pierre de Lune de Wilkie Collins
Titre original : The Moonstone
Traduit de l'anglais par : L.Lenob
Editions du Masque, collection Labyrinthes, 2003, 570 pages
Quatrième de couverture :
"La Pierre de Lune se vengera !"
Mais que veut dire le Brahmane mourant qui lance cet anathème sur la famille Verinder ? Vous le saurez en pénétrant dans le monde à tiroirs de ce roman dont l'héroïne, Rachel, est une intrépide jeune file de 18 ans. Il y sera question d'un diamant baptisé Pierre de Lune qui attise les convoitises et sème le malheur sur son passage et d'un policier de Scotland Yard, le Sergent Cuff, aux manies surprenantes, qui aura pour mission de démêler l'écheveau serré d'une intrigue complexe comme Collins en a le secret. Au cours de l'enquête, vous croiserez aussi le très étrange Gabriel Betteredge et la non moins excentrique Miss Clack ...
Le poète T.S. Eliot disait de ce roman qu'il était "le premier, le plus abondant et le meilleur de tout ce que l'Angleterre a produit en matière de roman d'énigme". Il est sans conteste l'un des chefs-d'oeuvre de Wilkie Collins, le pionnier victorien du roman à suspense.
Mon avis :
Ma première approche des oeuvres de Wilkie Collins avec La Dame en Blanc n'avait pas été très concluante. J'ai pourtant eu envie de tenter à nouveau l'expérience, avec beaucoup plus de succès cette fois. Ce roman met en scène une galerie de personnages reliés à la même intrigue. Chacun donne, à tour de rôle, son point de vue sur les évènements dont il a été témoin. Ce qui m'a le plus conquise est le soin avec lequel le caractère de chaque personnage est esquissé, ainsi que leur diversité. Certains sont émouvants, d'autres intrépides ou encore pittoresques. Notamment le portrait de Gabriel Betteredge, intendant de la maison de Lady Verinder, est développé avec beaucoup d'humour et particulièrement savoureux. De même que celui de Miss Clack, dévote acharnée à distribuer la bonne parole et les lectures pieuses .... L'intrigue est, elle aussi, soignée et ce livre, que j'ai lu assez rapidement tant j'avais hâte de savoir la suite, m'a procuré l'un de mes meilleurs moments de lectures de cet hiver.
Ce livre a été écrit en 1868. Si la description des différents lieux, des mentalités et des rapports des personnages les uns aux autres témoigne bien de l'époque, l'écriture elle est intemporelle et ne m'a pas du tout paru désuète.
J'ai lu ce livre dans la cadre du Challenge 
D'autres avis chez Keisha, Emily, Titine, Cecile's Blog,
Challenge English Classics # 1
Mes sacrées tantes - Bulbul Sharma
Mes sacrées tantes de Bulbul Sharma
Titre original : My Sainted Aunts.
Nouvelles traduites de l'anglais (Inde) par Mélanie Basnel
Editions Philippe Picquier, 2009 pour l'édition de poche (2007 pour la traduction en langue française), 260 pages
Quatrième de couverture :
Après La colère des aubergines, Bulbul Sharma nous revient avec des histoires pétillantes de drôlerie.
Des femmes partent en voyage et leur vie bascule. Elles partent pour se marier, pour aller voir leur fils, pour échapper au crime qu'elles croient avoir commis ou à une belle-mère tyrannique. Sous leurs regards baissés et leurs saris chatoyants, elles cachent un cœur limpide, un courage à toute épreuve, et elle accueillent les surprises du chemin avec une sagesse relevée du sel de l'humour. Au fil de leurs voyages, défilent les paysages de l'Inde, des rizières vert émeraude aux défilés escarpés de montagne, et les rencontres improbables : danseuses travesties en veuves, raja déchu d'un palais surgi des mille et une nuits, fantôme amoureux ou ours chapardeur. Mais au détour de la route, c'est leur paysage intérieur qui soudain change : les chaînes qui entravent leurs pas depuis des siècles se font plus légères, et au bout du voyage, parfois, les attend la paix. Ou la liberté. Ou l'amour.
Les histoires de Bulbul Sharma nous prennent par la main pour nous emmener sur des chemins détournés, imprégnés des senteurs de l'Inde ; elles ont la malice de la fable, la délicatesse de la miniature indienne, la poésie des contes de fées ; et si elles nous font éclater de rire, c'est avant de nous toucher au cœur.
Mon avis :
Ainsi que l'annonce la quatrième de couverture, ce recueil de nouvelles met principalement en scène des femmes plus ou moins jeunes - parfois des fillettes - pour qui un voyage va être l'occasion d'un cheminement intérieur. La caractéristique commune à chacune des nouvelles est la force de caractère des personnages principaux, force qui s'exerce d'ailleurs parfois jusqu'à la tyrannie. L'auteure campe ses personnages avec malice et humour, n'excluant cependant pas la tendresse. Chaque nouvelle possède cependant sa propre atmosphère, son propre décors. Bien qu'il s'agisse de récits courts, je me suis facilement plongée dans chaque récit, entreprenant chaque fois un petit voyage au coeur de l'Inde. L'emploi de termes typiquement indiens tout au long de l'ouvrage m'y a sans doute aidée. Les définitions sont données dans un glossaire judicieusement annexé à la fin de l'ouvrage.
Ce livre représente mon premier contact avec la littérature indienne et je suis tombée sous le charme. Je précise toutefois que, bien que les histoires soient fictives, il faut faire attention aux dates mentionnées au fil des récits. Le cadre est plutôt celui de la première moitié du XX siècle, la date la plus récente que j'ai relevée étant 1965. Ce livre convient parfaitement à mon sens pour le plaisir de se laisser emporter par des petites fables malicieuses dans l'Inde de cette époque, pour une approche de la littérature indienne également. Mais pour des personnes désireuses de découvrir un visage plus moderne de l'Inde, d'autres ouvrages sont plus appropriés car ce n'est pas le but de celui-là.
J'ai lu ce livre dans le cadre du 
Rang de lecture : 3/10

























