31 décembre 2009

Meilleurs Voeux à tous

 

Je vous souhaite de bonnes fêtes de fin d'année et surtout une très belle année 2010 !

Avec , évidemment de belles découvertes littéraires :-)

L'année culturelle 2010 sera placée en France sous le signe de la Russie puisque c'est l'année de la Russie en France.

En attendant de vous retrouver la semaine prochaine, je vous laisse avec ces petites matriochkas. :-)

poupees_russes02

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Le jardinier de Monsieur Chaos - Francis Malka

jardinier_mr_chaosLe jardinier de Monsieur Chaos - Francis Malka

Editions Hurtubise HMH - América, 2007, 180 pages

 

Quatrième de couverture :

Voilà déjà plusieurs années que vous tentez d'élucider la disparition de nombreux habitants de ce village. Sont-ils partis ? Sont-ils morts ? Etrangement, les gens à qui vous adressez la parole esquivent poliment vos questions.

D'où provient ce parfum de rose qui emplit soudainement l'air ? Il n'y a pourtant aucune fleur en vue. Et comment expliquer ces effluves de tulipe en novembre ? ça et là, au hasard de vos pas, d'autres parfums intenses viennent titiller vos narines. Vous jetez un coup d'oeil derrière vous : vous êtes pourtant seul.

Vous voici maintenant au centre de la place, devant la statue de M. Lacroix, dont la femme est d'ailleurs l'une des disparues que vous recherchez sans succès. Ne ressentez vous pas une présence étrange ?

Sans pouvoir dire exactement pourquoi, vous croyez que ce jardinier, qui s'affaire à réaménager le jardin de M.Chaos, connaît la réponse à toutes ces questions.

Mon avis :

J'ai lu ce roman dans le cadre du Défi de littérature policière sur les  5 continents. Le roman de Francis Malka, auteur québécois, représente donc ma lecture concernant le continent américain.

Le Jardinier de Monsieur Chaos est le premier roman de Francis Malka et je l'ai trouvé particulièrement réussi.  Il est constitué de 58 chapitres très courts, c'est un roman policier qui se lit très vite.

L'histoire quant à elle est très originale.  Il est difficile d'en parler sans trop en dire. Monsieur Chaos fait rapidement de son jardinier son homme de confiance, l'initie à la chimie et lui confie des missions et des travaux de jardinage assez particuliers. :-)

C'est un roman policier que je conseille aussi bien pour l'originalité de son intrigue que celle de sa narration.

Etant donné qu'il est assez difficile de le trouver en France, malheureusement, je le propose en livre voyageur.

 

 

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24 décembre 2009

Un très heureux Noël à tous !

Je vous souhaite à toutes et à tous un très joyeux Noël !

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23 décembre 2009

Petit déjeuner chez Tiffany - Truman Capote - Challenge 100 ans de littérature américaine # 2/5

Petit déjeuner chez Tiffany de Truman Capote

Titre original : Breakfast at Tiffany's

Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Germaine Beaumont

Editions Gallimard, Folio, 1962 pour la traduction française - 188 pages

 

Quatrième de couverture :

J'avais été au cinéma, j'étais rentré et je m'étais mis au lit avec un grog au rhum et le dernier Simenon. C'était tellement mon idée d'une soirée confortable que je en parvenais pas à comprendre le sentiment de malaise qui s'amplifia en moi au point que je pouvais entendre les battements de mon coeur ... Le sentiment que l'on m'épiait. Que quelqu'un était dans la chambre. Puis il y eu une succession de coups secs sur la vitre, une apparition d'un gris spectral. Je renversai le grog. Il me fallut un certain temps avant que je me décide à ouvrir la fenêtre et à demander à Miss Golightly ce qu'elle voulait.

L'histoire de Holiday Golightly, la cover-girl incarnée à l'écran par Audrey Hepburn.

Mon avis :

Petit déjeuner chez Tiffany est en fait un recueil de quatre nouvelles : Petit déjeuner chez Tiffany, La maison de fleurs, La guitare de diamants et Un souvenir de Noêl.

La première nouvelle, et la plus longue (environ 120 pages), a donné son nom au recueil et c'est de cette nouvelle qu'est issu l'extrait publié en quatrième de couverture.

A part La maison des fleurs, qui a été pour moi une lecture agréable, mais sans plus, j'ai beaucoup apprécié ces nouvelles mettant en scène des personnages fragiles, tourmentés,  et des amitiés hors du commun.

Petit déjeuner chez Tiffany est l'histoire de l'amitié improbable entre un homme (le narrateur) et sa voisine Holly Golightly, une cover-girl. Le narrateur se remémorre ses souvenirs, alors qu'il habitait New york, au début de la seconde guerre mondiale. Holly est un personnage complexe, une femme-enfant, qui vit de ses charmes mais capable de la plus grande candeur et de la plus grande naïveté.

Par exemple elle rend visite à un prisonnier, membre de la mafia :

"[...] Le vieux Sally m'avait longtemps admirée à distance, et [...] par conséquent ce serait une bonne action si j'allais lui rendre visiste une fois par semaine. Du coup je ne pouvais pas dire non. C'était trop romanesque !

- Peut-être, mais cela ne sonne pas très clair."

Holly sourit. "Vous croyez que je vous raconte une blague.

- Pour commencer, on ne laisse jamais n'importe qui visiter un prisonnier.

- Je le sais bien. Ils font même des chichis à n'en plus finir. Je suis supposée être sa nièce.

- Et c'est aussi simple que ça ?  Et pour une heure de conversation il vous donne cent dollars ?

- Pas lui. Son homme de loi. Mr O'Shaughnessy m'expédie l'argent en billets, aussitôt que je lui ai communiqué les renseignements météorologiques.

- Je crois que vous pourriez vous trouvez un jour dans un fameux pétrin", lui dis-je en éteignant une lampe. On n'en avait plus besoin maintenant. Le jour avait envahi la chambre et les pigeons se gargarisaient sur l'échelle d'incendie.

"Comment ça ? demanda-t-elle d'un ton sérieux.

- La loi prévoit certainement le cas des fausses identités. Et après tout vous n'êtes pas sa nièce. Et qu'est-ce que c'est que ces renseignements météorologiques ?"

Elle étouffa un baillement. "Mais rien. Juste des communications que je laisse à la boite postale de façon à ce que Mr. O'Shaughnessy sache bien que je suis allée là-bas. Sally me dit ce qu'il faut dire. Des trucs comme ça par exemple : "Il y a un ouragan à Cuba", ou "Il neige à Palerme !"¨

Cette femme, traumatisée par des blessures psychologiques profondes, est insaisissable et tente de compenser son mal-être par des fêtes incessantes, et un goût immodéré pour le luxe et le clinquant.

La maison de fleurs est à la fois une histoire d'amitié entre des prostituées de Port-au-Prince (Haïti) et une histoire d'amour entre l'une d'entre elles, Ottilie, et une jeune homme qu'elle rencontre lors d'un combat de coqs.

Le dépaysement m'a beaucoup plu, ainsi que les personnages, bien qu'Ottilie soit assez superficielle. Ce fut cependant un moment de lecture agréable, mais sans plus. Des passages m'ont paru bizarrement écrits :

Ottilie aurait dû être la fille la plus heureuse de Port-au-Prince. Comme Baby le lui expliqua : "Regarde un peu tout ce qu'on peut mettre à ton crédit ! - Par exemple ?" dit Ottilie, car elle était vaniteuse et préférait les compliment au porc (???) et aux parfums.*(voir note à la fin)

La guitare de diamants est une histoire d'amitié entre deux prisonniers, en fait c'est plutôt un ancien prisionnier qui prend sous sa protection un nouveau venu.

Un souvenir de Noël met en scène un petit garçon de sept ans et une femme de plus de soixante, qui sont complètement isolés au sein de leur famille. Ils sont unis par une amitié sincère. Ils possèdent peu mais savent rendre précieux ce qu'ils ont car l'amour est omniprésent dans cette  nouvelle très émouvante .

* Je pense qu'il y a malheureusement dans ces quatre nouvelles un problème de traduction. A diverses reprises, je l'ai trouvée maladroite, comme si la traductrice avait transposé directement le texte de l'américain en  français sans se soucier de restituer les tournures spécifiques ou usuelles de la langue française : par exemple  des adjectifs restés placés avant le nom alors qu'un français aurait placé le nom d'abord et l'adjectif après ... ou bien le titre français qui est assez plat alors que le titre Américain a de la classe. Ces deux problèmes sont des problèmes mineurs que je n'aurais pas évoqués (et sans doute pas remarqués) si je n'avait relevé des tournures boiteuses ou  l'emploi d'un vocabulaire improbable comme "truqueuse". Par exemple dans cet extrait de petit-déjeuner chez Tiffany : (page 36)

"Et là-dessus, dit-il, qu'est-ce que vous croyez ? L'est-elle ou ne l'est-elle pas ?

- Pas quoi ?

- Une truqueuse.

-Je n'y aurais pas pensé.

- Eh bien, vous vous trompez. C'est une truqueuse. Mais d'un autre côté vous avez raison. Ce n'est pas une truqueuse parce que dans sa truquerie même, elle est vraie. Elle croit à toutes ces ordures auxquelles elle croit. Vous ne pouvez pas la sortir de là.

A d'autres reprises, les tournures sont incorrectes comme "j'avais été au cinéma" (en quatrième de couverture).

Cette traduction maladroite ou incorrecte m'a gênée à plusieurs reprises et c'est fort regrettable car le thème et les histoires m'ont réellement plu (et c'est quand même sur cette note que je souhaite rester, heureusement). J'aimerais bien lire à l'avenir De sang froid ou d'autres nouvelles de Truman Capote, j'espère simplement ne pas retrouver la même traductrice. (Je n'ai malheureusement pour l'instant pas un niveau d'anglais suffisant pour lire ces livres directement en américain).

Lisa l'a lu également, mais dans sa version originale.

J'ai lu Petit déjeuner chez Tiffany dans la cadre du blogotresors02 et du défi 100_ans_litt_USA_vignette .

Avec ce billet se termine mon défi Blog o Trésors. J'ai lu également Kitchen de Banana Yoshimoto, Le Journal d'une voisine de Doris Lessing et Un long dimanche de fiançailles de Sébastien Japrisot. J'ai également lu la petite fille de Monsieur Linh de Philippe Claudel, mais mon billet ne paraîtra que l'année prochaine. en fait je l'ai lu avant Petit déjeuner chez Tiffany, mais je n'ai pas écrit mon billet aussitôt et de ce fait, j'ai besoin de relire certains passages.

J'espère que Grominou laissera la liste ouverte pour 2010 :-).

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22 décembre 2009

Le Tailleur de pierre - Camilla Läckberg

le_tailleur_de_pierreLe tailleur de pierre de Camilla Läckberg

Titre original : Stenhuggaren

Traduit du suédois par Lena Grumbach et Catherine Marcus

Editions ACTES SUD, collection Actes noirs, 2009 pour la traduction française.

 

Quatrième de couverture : (extrait)

"La dernière nasse était particulièrement lourde et il cala son pied sur le plat-bord pour la dégager sans se déséquilibrer. Lentement il la sentit céder et il espérait ne pas l'avoir esquintée. Il jeta un coup d'oeil par-dessus bord mais ce qu'il vit n'était pas le casier. C'était une main blanche qui fendit la surface agitée de l'eau et sembla montrer le ciel l'espace d'un instant.

Son premier réflexe fut de lâcher la corde et de laisser cette chose disparaître dans les profondeurs ... "

Un pêcheur de Fjällbacka trouve une petite fille noyée. Bientôt on constate que Sara, sept ans, a de l'eau savonneuse dans les poumons. Quelqu'un l'a donc tuée avant de la jeter à la mer.  Mais qui peut vouloir du mal à une petite fille ? [...]

Mon avis :

Nouveau volet des aventures mettant en scène le couple Erica Falck/Patrick Hedström, Le Tailleur de pierre met plutôt en avant, au niveau de l'enquête, Patrick et ses collègues du commissariat de Tanumshede. Comme dans les précédents tomes, j'ai trouvé l'intrigue soignée et le rythme soutenu, mais j'espère que dans les prochains tomes Erica va à nouveau prendre part activement à l'enquête.

Dans ce nouvel opus, on suit parallèlement deux histoires :  l'enquête concernant la mort de Sara, enquête qui va être propice à la révélation des véritables caractères, de secrets des membres de sa famille et du voisinnage... et l'histoire d'Agnes, femme odieuse, égoïste et manipulatrice, dont nous faisons connaissance peu après 1920.

Comme dans les précédents tomes, le drame présent prend racine dans le passé. J'ai trouvé que les caractères étaient décrits avec intensité, avec une galerie de personnages assez variés. L'auteure prend son temps pour décrire tous les détails du quotidien et c'est ce qui me plait chez elle, cela contribue à créer une véritable ambiance.

Par contre il me semble qu'au sujet d'Anna, la soeur d'Erica, l'auteure en dit trop ou pas assez. En effet cette jeune femme vit un véritable drame en tant que femme battue, elle vit dans la terreur quotidienne, sa vie est menacée. J'aurais donc préféré que l'auteur traite ce sujet et  le développe en conséquence... y consacrer juste quelques pages ne m'a pas semblé un choix judicieux parce que j'ai eu l'impression de survoler son histoire. Je pense néanmoins qu'elle occupera une place plus importante dans le prochain tome, que j'attends avec une certaine impatience.

Quelques avis parmi les bloggueurs : Nina, Paul Arre ...

Je remercie le site alapagequi m'a offert ce livre.

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11 décembre 2009

Le voyage d'une artiste coréenne en Normandie de Ilbong, Pak Chong-ja (1)

illbongLe voyage d'une artiste coréenne en Normandie de Illbong, Pak Chong-ja

Editions Ouest France, le lecteur de l'imaginaire, 2006

Est-il possible de tomber amoureuse d'un livre ?

Si tel est le cas, je suis assurément tombée amoureuse de celui-là.

Je pense que ce livre ravira tous les amoureux d'art oriental, pour ce qu'il implique de douceur, de poésie et de délicatesse. Le Japon étant assez présent sur mon blog, je suis heureuse que ce livre soit pour moi l'occasion de faire une belle place à la Corée.

Ce livre magnifique présente les oeuvres d'une artiste peintre coréenne, Ilbong ou Pat Chong-ja, qui a séjourné à plusieurs reprises en France, avant de s'établir définitivement en Normandie en 1998.

Le hasard a voulu que je naisse à Paris où j'ai passé mes deux premières années, avant de revenir dans les Yvelines il y a dix ans pour raisons professionnelles, et j'avoue être très attachée à cette région. Mais mes parents sont normands et j'ai vécu 32 ans en Normandie. C'est la région où j'ai vécu mon enfance, puis mon adolescence, c'est là où je me suis mariée et où mes deux premiers enfants ont vu le jour, une région où réside une grande partie de ma famille également.

Pour ces raisons, vous comprendrez que ce livre est très particulier pour moi.

Exceptionnellement, je vais consacrer deux billets à ce livre d'environ 140 pages.

Lors des 8 premières pages, superbement illustrées elles aussi, l'artiste  expose son parcours en tant que peintre, son approche personnelle de  la peinture. C'est un livre qui se savoure pour le plaisir des yeux, mais c'est également un livre qui se lit : en effet, par la suite, en regard de chaque oeuvre présentée se trouve un petit texte narratif ou poétique de Pak Chong-ja. Et, le must, chaque texte est également présenté en calligraphie.

Lors d'un autre billet, je vous en présenterai des extraits et quelques photos.

Pour les personnes que cela intéresserait, il existe chez le même éditeur (Ouest France) d'autres livres d'artistes peintres étrangers dont  Le voyage d'un peintre chinois à Paris et Le voyage d'un peintre chinois en Bretagne, tout deux de Yifu He.

Pour aujourd'hui, je vous laisse avec cet extrait du livre de Ilbong (qui signifie Le Phénix) :

Contrairement à la réputation que certains Coréens ont faite à cette région de France, dont on a retenu surtout le ciel nuageux, le temps maussade, humide et presque toujours pluvieux, susceptible de conduire les Orientaux au bord de la dépression nerveuse par manque de soleil, cette Normandie d'une étonnante verdure à mes yeux coréens m'est apparue comme très lumineuse et baignée d'une lumière extrêmement riche et variée aux yeux de l'artiste, une lumière qui, généralement très douce, sait aussi, en particulier pendant la saison estivale, surtout en bordure de mer, être beaucoup plus violente que dans mon pays natal. Paradoxalement, j'oserais dire que la Normandie reste lumineuse même sous la pluie et que, s'ils restent parfois sombres et brumeux, les jours sans soleil possèdent une atmosphère empreinte d'une sorte de séduction et d'un pouvoir presque envoûtant.

J'ai trouvé très touchant et émouvant dans ce livre, de sentir intimement cohabiter aussi bien dans les textes que sur les peintures, la Corée et la Normandie ... l'auteure a su mêler, comme des couleurs sur une palette, Orient et Occident, comme si un petit vent, une lumière coréenne avaient soudain enveloppé la Normandie, une Normandie que nous reconnaissons bien mais qui prend soudain un peu de l'éclat et de la magie coréenne.

Un plus : l'artiste a également présenté quelques unes de ses oeuvres coréennes.

Au début, quand je voyageais en Normandie, dont mon mari me racontait l'histoire, la culture, les habitudes et les coutumes, à la vue de la luxuriante végétation, j'avais l'illusion de vivre un rêve. Les personnes qui connaissent la Corée doivent se rendre compte que cette plantureuse verdure et ces arbres énormes, débordant de vie, qui s'élancent tout droit vers le ciel, sont bien loin de la maigre verdure des collines coréennes et de leurs arbres souvent tordus, rabougris et noueux comme les membres et le corps des vieillards de l'Orient d'autrefois. On peut cependant y trouver parfois aussi une végétation et des arbres tourmentés comme ceux de Corée, par exemple sur le littoral de la presqu'île du Cotentin, où les pins maritimes torturés par les rafales de vent qui soufflent de la mer sont incapables de pousser à la verticale et baissent la tête pour se protéger.

[...] Ici tout est beaucoup plus différent qu'il ne semble aux yeux de l'homme ordinaire. Les bruits et le silence sont aussi très différents à l'oreille de l'artiste qui sait les écouter, car le silence lui-même mérite d'être écouté et doit être exprimé dans l'oeuvre de l'artiste.

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09 décembre 2009

La libraire a aimé - Sophie Poirier

la_libraire_a_aimeLa libraire a aimé de Sophie Poirier

Ana Editions, 2008, 71 pages.

Quatrième de couverture :

"On n'en sait rien. On est là assis en terrasse, au café d'à côté, comme chaque soir. Et puis il y a des gens qui vous observent et imaginent toute votre vie."

Une histoire inventée par Sophie Poirier, avec : la libraire, des pistes à suivre, un photographe amateur de cadavres, Paul Auster et sa femme, un oncle faussement russe servi par son nain fidèle, une vieille Anglaise collectionneuse d'objets cassés, un peu new york, un peu la mer, un peu le Sud ...

Mon avis :

J'ai découvert ce livre sur le blog de Liliba qui le proposait en livre voyageur, c'est ainsi qu'il est arrivé entre mes mains.

Ce livre commence au travers du regard d'une observatrice, intriguée par les habitudes d'un homme et d'une femme qui se retrouvent tous les soirs à 19h30 dans le même café, à la même table, et commandent les mêmes consommations . Ils ne semblent pas être en couple, et passent une heure à discuter de leurs lectures.

Ils parlent de livres. Ils se racontent ce qu'ils ont lu. Un couple n'aurait pas besoin de s'échanger ainsi des titres de livres, chacun verrait sur la table de nuit ce que l'autre est en train de lire.

Peu à peu les personnalités se dessinent : elle s'appelle Corinne, il s'appelle Paul, ils sont tous les deux célibataires et ont le même métier, libraire, et une vie morne, exceptés ces instants partagés et leur passion pour la lecture.

Pourtant, ils n'ont pas d'histoire. Ils s'en racontent seulement. Ce n'est pas une vie, se dit-il parfois. Il faudrait qu'il se passe quelque chose d'autre. Avec tout ce qu'ils lisent, et tout ce qu'ils savent, il devrait pouvoir se passer quelque chose. Il pense avoir compris que justement elle n'attend rien, que c'est sûrement ce qu'elle aime en sa compagnie, cette rassurante répétition d'une conversation inépuisable faite de lectures quotidiennes.

Mais un soir, Paul ne vient pas. Ni les jours suivants. Il demeure introuvable, à la librairie où il travaille personne ne sait ce qu'il est advenu de lui. Corinne réalise qu'elle ne connaît rien de lui, à part ses goûts littéraires. Un jour, elle croit reconnaître Paul sur une photo lors d'une exposition. L'artiste a des goûts un peu particuliers puisqu'il a photographié des visages de cadavres.

Avec les maigres renseignements qu'elle a, Corinne va essayer de trouver ce qui est arrivé à Paul. Cette quête va finalement l'ouvrir à la vie, elle qui s'était retranchée du monde réel pour ne vivre qu'au travers des livres.

J'ai aimé cette relation atypique entre un homme et une femme, et suivre les pas de Corinne, aussi bien dans sa quête que dans son évolution personnelle. J'aime les personnages originaux que l'auteure  a mis en scène ainsi que son écriture sensible :

Tu aurais beau vouloir raconter mon histoire avec style, et puis du suspense, tu ne pourras jamais écrire comme j'ai manqué l'essentiel. Ni décrire à quoi ressemble une nuit de vide quand rien, absolument rien, ne vient te sauver de la peur d'être seul, tu ne pourras jamais écrire ce que c'est de respirer en vain. Tu chercheras les mots exacts, tu penseras avoir écrit ce que c'est la souffrance mais tu seras loin encore de la lenteur des heures et du silence. Mon silence pitoyable, et il te faudra tant de mots pour le dire que toujours ce silence fera du bruit.

Comme d'autres lectrices, j'ai juste un petit regret sur la fin et ce qu'il est en réalité advenu de Paul, c'est trop évasif et pas assez développé par rapport au reste de l'histoire. C'est dommage, je reste un peu sur ma ... faim :-).

Je suis un peu partagée sur le personnage de Paul, j'aime à penser que tout cela avait pour but d'amener Corinne reprendre pied dans la vie réelle et à se redécouvrir. (Quand on ne me dit pas tout, je n'ai pas peur de broder pour que l'histoire me convienne ... sourire ... Ce qui est un peu frustrant a le mérite de laisser libre court à l'inetrprétation de chacun). Peut être d'autres lectrices auront elles aussi vu les choses sous cet angle.

Je remercie Liliba pour ce prêt, ce livre partira demain chez L'encreuse. Quant à moi je retrouverais avec plaisir un jour la plume de l'auteure qui signait là son premier roman et qui depuis a publié : Mon père n'est pas mort à Venise (avis de Keisha)

Si vous le souhaitez, vous pouvez aussi consulter le blog de Sophie Poirier.

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08 décembre 2009

Swap Science fiction chez Loula

Loula organise avec GeishaNellie le swap Eternal SF, je relaie l'info au cas où cela intéresserait certains d'entre vous. Pour avoir toutes les infos concernant ce swap, cliquez sur le logo ci dessous. Amusez vous bien !

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Les résultats du tirage au sort sont ...

Vous avez été nombreuses à me souhaiter un bon blog-anniversaire et je vous en remercie.

Je n'ai pas été présente sur la blogosphère la semaine passée et je m'en excuse auprès de vous... je vais reprendre mes petites visites cet après midi.

En ce qui concerne le tirage au sort, je ne vous fais pas languir plus longtemps, voici les gagnantes :

- Mon enfant de Berlin va partir chez Cocola

- Le Voyage d'hiver a été gagné par Hambre

- Chouette, une ride ! part chez Keisha

- Meurtres en bleu marine a été gagné par Mango.

Les autres participantes, j'espère que vous n'êtes pas trop déçues, je reproposerai ce genre de jeu sur mon blog, peut être même avant ses deux ans ;-).

Bonne fin de journée à toutes.

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01 décembre 2009

Meurtres en bleu marine de C.J. Box à gagner

J'offre un exemplaire de Meutres en bleu marine de C.J. Box. Pour participer , inscrivez vous dans les commentaires jusqu'à lundi prochain (7 décembre) minuit. Le ou la gagnante sera désigné par tirage au sort mardi prochain.

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