a_quand_les_bonnes_nouvellesA quand les bonnes nouvelles ? de Kate Atkinson

Titre original : When will there be good news ?

Traduit de l'anglais par Isabelle Caron

Editions de Fallois, 2008 pour la traduction française - 362 pages

Quatrième de couverture :

   Dans un coin paisible de la campagne du Devon, une petite fille de six ans, Joanna Mason, est le témoin d'un crime épouvantable.

   Trente ans plus tard, l'homme qui a été condamné pour ce crime sort de prison.

   A Edimbourg, Reggie, qui a seize ans et qui bien sûr est plus futée que les gamines de son âge, travaille comme nounou chez un médecin, le docteur Hunter. Mais quand celle-ci disparaît, Reggie est la seule personne qui semble s'en apercevoir.

   En ville, l'inspecteur en chef Louise Monroe est aussi à la recherche d'une personne disparue, David Needler, sans se rendre compte qu'un de ses vieux amis - Jakson Brodie - se précipite vers elle. Il est là pour un séjour qui est sur le point d'être tragiquement interrompu.

   Dans une extraordinaire démonstration de talent, Kate Atkinson nous donne l'un des romans psychologiques les plus fascinants et les mieux écrits de ces dernières années. A quand les bonnes nouvelles ? nous offre un éclairage sur la nature du destin et sur la condition humaine.

Mon avis :

Voilà un roman qui m'a tenu en haleine jusqu'au bout et que j'ai dévoré.

Les points forts sont une intrigue bien menée, avec des rebondissements, des découvertes inattendues jusqu'à la fin, et des portraits psychologiques remarquables.

Nous progressons dans l'histoire au travers des points de vue successifs de différents personnages, que nous retouvons à plusieurs reprises, à différentes étapes du récit. C'est une démarche intéressante, car nous recevons ainsi des éclairages différents sur les évènements et l'intrigue principale, suivant que les personnages y sont  liés d'une façon étroite ou non. Les diverses approches progressent et convergent  jusqu'au dénouement final.

Plusieurs des personnages sont  des survivants,   ils ont perdu un ou plusieurs proches, que ce soit à la suite d'un crime ou d'un accident et leurs destins vont se croiser. J'ai trouvé le profil des personnages particulièrement bien choisis car ils sont variés : hommes, femmes, adolescents, adultes dans la petite quarantaine ou au début de la cinquantaine, deuils anciens ou récents. Nous vivons ainsi différentes facettes du thème de fond de ce livre :  survivre à la mort d'un proche,  continuer sa propre vie et se reconstruire.

Elle avait passé les trente ans qui s'étaient écoulés depuis les meurtres à se créer une vie. Ce n'était pas une vraie vie, c'était un simulacre de vie, mais il marchait. Sa vraie vie était restée derrière elle, dans un autre champ, doré, celui-là. Puis elle avait eu le bébé et l'amour qu'elle lui portait avait insuflé la vie au simulacre et il était devenu authentique.

L'écriture est  alerte, sensible et l'humour y est présent et  parfois féroce. On pourrait  reprocher à l'auteur un petit abus de l'utilisation des  parenthèses : parfois cela s'intègre très bien dans le contexte,  ajoutant une petite précision souvent amusante, d'autres fois j'ai trouvé cela un peu agaçant. Néanmoins le récit reste très fluide et vif. Kate Atkinson aime également les citations  et fait référence à plusieurs reprises dans son livre à la littérature britannique, notamment à Charles Dickens, qui lui aussi a  plus d'une fois mis en scène des personnages d'orphelins courageux. Ces références font partie de la touche britannique du livre.

J'ai particulièrement aimé également le chemin un peu détourné, ou un peu ambigü qu'a emprunté l'auteur pour nous présenter certaines de ses personnages : elle ne nous en dévoile pas l'identité ni les objectifs tout de suite, mais procède par approches et petites touches successives, enrichissant son tableau au fur et à mesure.

J'ai noté qu'en général les personnages semblent voués à des mariages calamiteux. Je ne sais pas si telle les Rita Mitsuko, Kate Atkinson pense que Les Histoires d'amour finissent mal en général, ou si c'est de l'humour noir :-)

Je me suis particulièrement attachée au personnage de Reggie, adolescente futée et dotée d'une grande force de caractère. Elle m'a un peu rappelé, par certains traits de caractères  tels la spontanéïté et la vivacité, la petite Ninon, héroïne du roman de Maud Lethielleux.

A noter , parmi toute cette galerie de personnages, qu'une  jolie place est  réservée aux chiens, notamment à une chienne nommée Sadie.

En résumé une palette de personnages intéressants, bien campés, très attachants pour certains, de la vivacité, de l'émotion et de l'humour. Une belle découverte pour moi, je reviendrai assurément vers cet auteur.

Lu dans le cadre du               prix_litteraire_indiana_02

Rang de lecture : 1/10