Heure d'été
Souvent, au quotidien, des réflexions spontanées ou des situations incongrues font sourire, ou même franchement rire. Surtout quand on est parent d'adolescents qui cultivent la caricature et le deuxième degré (au moins).
Alors, comme la bonne humeur est importante pour prendre du recul, surtout quand l'actualité n'est pas follement gaie, j'ai eu envie d'ouvrir sur ce blog une petite rubrique sans prétention : Chroniques Humoristiques du Quotidien.
Ce sont de petites histoires nées de la confrontation de la réalité et de la fiction (autrement dit j'en rajoute ;), les mots d'ordre étant humour, bonne humeur et autodérision.
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Heure d'été
Le samedi 28 mars aux aurores - traduisez 10 heures du matin, mais je suis sûre que c'est l'aurore quelque part sur la planète - à la table du petit déjeuner ....
Monsieur feuillette le calendrier des Grands Prix de Formule1 2009 dont la saison débute le 29 mars.
Madame semble déjeuner mais si son moi physique est bien à table avec sa famille, son moi psychologique est resté à somnoler sous la couette avec béatitude ...
Leurs trois enfants activent leurs mandibules avec enthousiasme, broyant des céréales avec la discrétion accoustique d'une pelleteuse sur un chantier.
Lui : C'est demain qu'on change d'heure ?
Elle : Mouiii
Lui : En Australie, ils sont en GMT + 11. Nous on est en quoi ? En GMT ?
Elle : Heu ... je crois qu'on est en GMT + 1 (source : sa prodigieuse culture générale les paramètres généraux de son blog). Il est à quelle heure (locale) ton Grand Prix ?
Lui : en général c'est vers 14 h ...
S'ensuit une discussion familiale animée :
Lui : 14 h moins 11h de décalage par rapport au GMT + 1h pour remettre dans notre fuseau horaire + 1 h parce qu'on change d'heure donc on sera en GMT+2, ça fait .... euh ...
Elle (pas question de s'épuiser mentalement dès le matin, surtout un week end..): Demande à Sébastien, c'est lui qui est en Terminale S !
Sébastien, soulevant un écouteur de son oreille : hein ????
Elle et lui, morts de rire - il leur en faut peu pour être heureux - : non, ça fait pas un !!
Sylvain, 8 ans, d'une voix flûtée et ravie : ça fait 5 !! (les additions et soustractions sont manifestement au programme et traitées avec brio par l'institutrice)
Elle (qui a compté de son côté aussi): 5 heures du matin ?!! ... mais on n'est pas sûr que le Grand prix commence à 14 heures...
Quand je pense que la plupart des gens se demandent simplement si on gagne ou on perd une heure ... ils ne savent pas la chance qu'ils ont ! Heureusement qu'on ne doit pas se demander si les Australiens changent d'heure eux aussi .. en plus ils sont dans l'hémisphère Sud...
Lilian, 15 ans 1/2, toujours l'esprit pragmatique... : ce serait peut être plus simple d'acheter le programme télé
Elle, riant : Oui, ou de regarder sur internet plutôt que de se faire des nœuds au cerveau à 10 h du matin. Finalement, ce serait plus sûr ...
Grand Prix d'Australie : le dimanche 29 mars à 8h du matin. Et me demandez pas si c'est le début de l'émission ou le début du Grand Prix ! ;)
Appel du pied - WATAYA Risa
Appel du pied de WATAYA Risa
Titre original : Keritai senaka
Traduit du japonais par Patrick Honnoré
Editions Picquier Poche, 2008 - 164 pages
Quatrième de couverture (extrait): [...] Ce journal intime d'une jeune fille qui n'arrive pas à s'intégrer dans sa classe est au plus près des sensations, de la contradiction des sentiments qui affleurent sous la surface unie des apparences. De ces moments où l'on cherche un sol ferme sous ses pieds, pour s'aventurer à la découverte de la vie.
Et lorsqu'on se sent attirée par un garçon qui vit confiné dans sa passion pour un mannequin vedette, on aimerait bien le réveiller de son rêve pour qu'il fasse ses premiers pas avec vous, sur ce chemin incertain.
Une chronique sensible, et pleine d'humour, de cet âge oscillant entre la nostalgie d'une enfance innocente et la naissance presque malgré soi, de ce qui pourrait bien s'appeler l'amour.
Mes impressions : J'ai trouvé ce roman servi par une écriture sensible, mettant bien en évidence les sensations de solitude et de désarroi qu'on peut éprouver à l'adolescence. Les deux personnages principaux sont Hatsu, la narratrice, et l'un de ses camarades de classe Satoshi, presque toujours désigné par son nom de famille : Ninagawa.
Tout deux sont en première année de lycée, et tout deux n'arrivent pas à s'intégrer dans leur classe.
Quand le prof a demandé s'il y avait quelqu'un qui restait sans groupe, j'ai levé la main. La honte. Si encore j'avais répondu de la voix ... Il a fallu que je lève la main comme une fleur, avec tous ces regards qui cherchaient quels étaient les laissés pour compte, j'ai dû avoir l'air d'une bestiole de l'autre monde. Le pire, c'est qu'il y a eu un autre rebut pour lever la main dans le même geste servile. Maintenant, toute la classe est au courant que les deux seuls à ne pas s'être encore fait d'amis sont ce garçon, Ninagawa, et moi.
Ce sentiment de solitude est encore accentué par l'environnement familial des deux adolescents. On ne parle jamais de la famille d' Hatsu. On sait qu'elle a un foyer, mais les parents n'apparaissent jamais. Quant à Ninagawa, il vit dans sa chambre qui est excentrée par rapport à la maison familiale. Sitôt rentré chez lui, il file dans sa chambre sans même aller voir ses parents, il fait sa lessive tout seul, a son propre réfrigérateur, il parait presque aussi seul chez lui qu'au lycée. Impression d'exclusion encore renforcée par la fait que tout au long du livre, le jeune adolescent est désigné par son nom de famille.
Les deux adolescents ont cependant une personnalité assez différente. Hatsu est seule par authenticité. Elle refuse les compromis, et tout ce qui lui semble futile, quand bien même cela l'aiderait à s'intégrer dans un groupe. En plus du changement du à l'entrée au lycée s'ajoute la peur de voir s'éloigner d'elle son amie Kinuyo qui s'est créé un nouveau groupe d'amis et a su mieux négocier ce cap difficile. Kinuyo est sincère et sympathique, elle sait mieux arrondir les angles que Hatsu, et est parvenue à trouver un équilibre entre authenticité et légèreté.
Ninagawa, lui, semble beaucoup plus "paumé", il s'est entiché d'un jeune mannequin dont il ne connait absolu rien, à part l'image futile qui en est donné dans des magasines féminins. Il semble avoir perdu contact avec la réalité et ne vit que pour cette chimère.
Les deux adolescents m'ont semblé abandonnés à la fois par leurs camarades et par les adultes. Le fait, par exemple, que Ninagawa s'endorme régulièrement en cours, la tête posée sur la paillasse du laboratoire de sciences naturelles, semble n'intriguer et n'affoler personne.
Le malaise, le désarroi et les ambivalences de l'adolescence sont très bien exprimés, avec une écriture pudique.
Je veux être reconnue. Je veux qu'on m'accepte. Je veux que quelqu'un délie un à un tous les fils noirs qui sont pris dans mon coeur comme on détache un à un les cheveux pris dans un peigne, et les jette à la corbeille. Je voudrais que les autres répondent à mon attente, mais je ne suis même pas capable de pesner à faire quelque chose pour quiconque.
A propos de l'auteur : Risa Wataya est une romancière japonaise née e,n 1984 à Kyôtô. A dix-sept ans, elle écrit son premier roman, Install, qui lui vaudra le prix Bungei 2001. Avec son deuxième roman, Appel du pied, Wataya Risa devient, à dix-neuf ans, la plus jeune lauréate jamais couronnée du prix Akutagawa, le Goncourt japonais. (sources : wikipédia et la quatrième de couverture)
Je remercie Loula pour cette découverte dans le cadre du Wabi-Sabi Swap.
Swap PARIS organisé par Loula
Loula organise un swap dont le thème est PARIS. Ah ! Paris ... la Seine, les quais, les bouquinistes, Montmartre, le Canal Saint Martin, Notre-Dame, le poinçonneur des Lilas
... soupir ... ![]()
Le règlement est expliqué ICI et vous trouverez la liste des participants et quelques idées de titre LA. Si vous voulez vous inscrire, il reste encore des places.
Et devinez qui s'occupe de nous réaliser un superbe logo ? Allez, je vous donne un indice
... c'est Ti ... pha.... nya !
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Les Naufragés de l'île Tromelin - Irène Frain
Les Naufragés de l'île Tromelin d'Irène Frain
Editions Michel Lafon, 2009
Quatrième de couverture : Un minuscule bloc de corail perdu dans l'océan Indien. Cerné par les déferlantes, harcelé par les ouragans. C'est là qu'échouent en 1761, les rescapés du naufrage de L'Utile, un navire français qui transportait une cargaison clandestine d'esclaves.
Les Blancs de l'équipage et les Noirs de la cale vont devoir cohabiter, trouver de l'eau, de la nourriture, de quoi faire un feu, survivre. Ensemble ils construisent un bateau pour s'enfuir.
Faute de place, on n'embarque pas les esclaves, mais on jure solennellement de revenir les chercher.
Quinze ans plus tard, on retrouvera huit survivants : sept femmes et un bébé. Que c'est-il passé sur l' île ? A quel point cette histoire a-t-elle ébranlé les consciences ? Emu et révolté par ce drame, Condorcet entreprendra son combat pour l'abolition de l'esclavage.[...]
Ce livre est basé sur des faits réels historiquement mis au jour par MAX GUEROUT.
Mon avis : j'ai beaucoup aimé ce livre et ce pour plusieurs raisons.
- J'ai tout d'abord été attirée par l'aspect historique et à ce titre, je trouve ce récit très bien documenté sans être pontifiant, bien au contraire.
Le premier chapitre (20 pages) est consacré exclusivement à l'île et pour ma part j'ai apprécié que l'auteure prenne le temps de planter le décor. Outre les risques de la navigation à cette époque (peu de carte et celles qui existent étaient très imprécises), j'ai trouvé que les périls de cette partie de l'Océan Indien, toujours réputé dangereux de nos jours, étaient très bien évoqués :
Au point que certains capitaines finissent par partager la conviction des matelots : l'océan Indien est peuplé d'îles vagabondes. De mystérieux bouts de terre pareils aux bois flottés, qui se laissent aller, sombrent et ressurgissent au gré des alizés. Aujourd'hui l'île est là, demain, elle disparaîtra. [...]
Et quand on oublie l'île, enfin, quand on n'y croit plus, qu'on n'y pense plus, qu'on n'en veut plus et qu'on s'en fout, c'est à cet instant là, sans prévenir, au dernier moment, qu'elle ressurgit. D'une seconde à l'autre, tous récifs dehors, écumeuse, furibonde.
En fait ce premier chapitre nous prépare parfaitement selon moi au récit qui va suivre, car j'ai trouvé des parallèles entre l' histoire de l'île et l'histoire des naufragés.
- Au début du livre, l'île est un peu une île fantôme. Certains marins croient l'avoir vue, mais on les soupçonne plus ou moins d'avoir été la proie d'hallucinations. On parle de l'île mais tout le monde doute de son existence réelle. Et c'est exactement le sort qui va être réservé aux esclaves : on sait pertinemment qu'ils sont restés sur l'île, mais les autorités vont tout mettre en oeuvre pour renier ce fait : parce que certains considèrent à peine les Noirs comme des être humains et ne songent qu'à s'enrichir, parce que le fait que le capitaine de L'Utile soit un salopard corrompu (excusez moi mais il n'y a pas d'autre terme) est dérangeant et ne fait pas bon effet au sein de la Compagnie des Indes... et peu à peu on va faire passer le témoignage de Castellan et de l' équipage pour des affabulations.
- L'autre parallèle concerne la nature de l'île et le destin des naufragés :
L'île s'en fout. Elle continue de vaquer à son seul et muet métier : ressusciter après chaque ouragan. Et elle y parvient. Son secret, c'est qu'elle sait transformer sa faiblesse en vigueur, son ennemi en allié, et constamment détourner à son profit les forces qui l'agressent. [...] Mais c'est aussi cela, l'île. D'un côté, la cruauté extrême. Et de l'autre, la résistance, l'obstination à vivre. Dans tous les cas, l'acharnement.
J'ai également été séduite par la plume d'Irène Frain, son dosage d'humour, de truculence, de sérieux et de poésie, qui rend son écriture à la fois très proche et vivante.
Durant la lecture de ce livre, je suis passée par une foule d'émotions : la révolte, la colère, la compassion, l'admiration mais aussi le rire. Je trouve les portraits de l'auteure assez saisissants et elle sait parfaitement mettre en exergue les mesquineries de l' âme humaine (tout comme la dignité d'ailleurs) avec un humour assez corrosif :
Lui aussi, l'écrivain, on peut le croire : c'est un service de police à lui tout seul. [...] Et tout ce qu'il ne consigne pas dans son journal de bord, il l'engrange, sans le moindre effort, dans sa très longue, très exacte et très perverse mémoire. Les âges, les dates, les lieux, les liens de famille, les cancans comme les véritables secrets, les vraies et fausses rumeurs, Keraudic retient tout. Et il le ressort.
Ou plutôt il le replace. Très judicieusement.
Au fur et à mesure de l'avancée du récit, l'auteure focalise successivement sur différents personnages : le capitaine (Lafargue), le premier lieutenant (Castellan), les esclaves ... conservant son style de fond tout en le nuançant suivant qui elle veut mettre en avant. Ainsi, une fois échoués sur l' île, les naufragés se sont organisés en deux camps : celui des Noirs et celui des Blancs. (Enfin, quand je dis organiser ... la réalité est qu'on ne s'est pas occupé des Noirs et qu'ils se sont réfugiés dans leur coin, où on les a laissé jusqu'à la fin :( ). Le lecteur navigue d'un camp à l'autre, ce qui traduit bien la scission entre les deux, et j'ai trouvé l'écriture, bien que toujours truculente, plus douce et poétique chaque fois qu'il était question des esclaves : L'Homme-qui-Tisse-les-Histoires, le Blanc-aux-Yeux-Couleurs-de-Pluie ...
Depuis son coin, à l'entrée de la première tente, l'Homme-qui-Tisse-les-Histoires a tout entendu. Et une petite voix, tout au fond de lui, lui a soufflé qu'il faisait bien de ne plus tisser d'histoires pour personne et de rester à l'écart comme il le faisait depuis le naufrage : en regardant le monde et les gens sans dire un mot.
Puis il s'est avisé que lui aussi, depuis qu'il s'est échoué sur cette île, il n'y voit plus clair. Ce n'est pas qu'il devienne aveugle : lorsque la petite Semiavou, la gamine de la cale, celle qui aimait tellement ses histoires, s'approche de lui, tout redevient net, d'un seul coup. Donc ça vient d'ailleurs. Du fond de son cerveau sûrement. Il a l'impression qu'il s'est fendu en même temps que la cale ; et que l'immense cargaison d'histoires qu'il transportait depuis qu'on avait quitté la terre des Ancêtres est partie à l'eau avec tout le reste [...]. Tout ce qui lui reste, ce sont des questions. Malheureusement, comme sa langue est gelée, elles ne sortent pas. Elles voudraient bien pourtant, elles insistent. Mais c'est plus fort que tout, sa langue ne veut pas bouger. Donc elles restent où elles sont, à résonner, à répéter sans fin au fond de sa tête : "Pourquoi je suis là, moi, alors que tant de gens sont morts ?"
Puis il y a Joseph, l'interprète, le "Noir des Blancs", tiraillé entre les deux camps. A la première occasion, sans attendre les ordres de ses maîtres, il fend les arbustes et vient s'asseoir ici, pour le seul plaisir de parler sa langue devant les tentes. Exactement comme s'il était sur la place du village ou à l'ombre d'un baobab. On dirait qu'il retrouve sa peau de Noir.
Ce livre met très bien en évidence, à mon sens, ce qu'ont vécu les naufragés : une lutte de chaque instant. Dès lors il n'a plus été question de vie, mais de survie. On assiste à tout : pénurie d'eau, manque de nourriture, fatigue, épuisement, successions d'espoir et de découragements qui mettent en exergue l'âpreté des conditions de vie sur l'île, mais aussi d'une manière générale à cette époque.
Seul un homme, d'après Joseph, est resté à l'écart de la joie : le maître charpentier. "Et ça se comprend", a-t-il ajouté. Ce dessin, c'était lui qui devait le faire. Seulement voilà, il n'était pas plus charpentier que calfat, cuistot, voilier, tonnelier ou quoi que ce soit. Il avait été embarqué de force, dans son pays, sous la menace du pistolet du premier capitaine, l'Homme-au-Nez-de-Rat, celui qui est devenu fou et passe maintenant son temps à trifouiller son tas de bois. Mais le Blanc-aux-Yeux-de-Pluie l'ignorait, que c'était un imposteur et qu'il savait tout juste tenir une scie et un rabot. Et ce matin, quand l'autre a bien dû lui avouer qu'il n'avait jamais construit de bateau et qu'il ne connaissait rien à rien, la tronche qu'il a tirée ... Comment ça a pu passer à l'as, depuis les mois qu'on navigue ? Aucune idée.
Ensemble, les hommes de l'équipage et les esclaves vont construire ce bateau mais les révoltes menacent d'éclater à chaque instant et peu à peu arrive un autre danger, sournois : la folie qui menace de s'emparer des hommes à force d'être confrontés quotidiennement à des conditions aussi extrêmes.
Les esclaves connaissaient eux aussi ces incertaines allées et venues entre le réel et l'imaginaire. Mais contrairement à Castellan, ils ne s'en alarmaient pas. A ce que racontait Joseph - qui lui même en était affecté et n'en cachait rien - ils en parlaient ouvertement.
Mais le bateau, construit avec les restes de l'Utile ne pourra pas atteindre la taille que Castellan souhaitait, et il s'est avéré impossible d'y embarquer tout le monde. Les esclaves qui avaient participé à la construction de la prame seront laissés sur l'île avec des vivres pour quelques mois, et le serment solennel qu'on viendra les rechercher sous peu. Mais une fois le bateau mis à l'eau et l'équipage arrivé à Madagascar, un autre combat, qui durera quinze ans, va devoir reprendre pour qu'enfin on aille rechercher les rescapés restés sur l' île.
Outre l'aspect historique, ce livre transmet un message toujours d'actualité : l'Homme résiste beaucoup mieux aux conditions physiques extrêmes qu'au manque d'humanité. Et si la trahison tuait plus rapidement que la faim ?
Un récit poignant, historique, assorti d'une postface de Max Guérout, et pour lequel je remercie
et les éditions Michel LAFON.
D'autres avis chez Lily Galipette Brize Cathulu Fantasio Yv Saxaoul Kenza Aelys Levraoueg ...
Avec en plus photo(s) de l'île :-) : Lou Liliba Keisha ...
Mama Miti la mère des arbres - Claire A. Nivola
Mama Miti la mère des arbres de Claire A. Nivola 
Titre original : Planting the trees of Kenya
Traduit de l'anglais par Ariel Marinie
Editions Le Sorbier, 2008
ISBN : 978-2-7320-3917-6
Imprimé en Italie sur un papier Ivolution certifié FSC (Forest Stewardship Council -cliquez sur le lien pour plus de renseignements) respectueux des normes environnementales.
Ce livre est soutenu par Amnesty International.
Cet album, plutôt destiné aux enfants à partir de 6 ans, est cependant parfaitement édifiant pour tout un chacun. Il retrace le parcours de Wangari Maathai (surnommée Mama Miti), fondatrice du mouvement Green Belt, pour lutter contre la déforestation de son pays natal, le Kenya.
Wangari Maathai est née en 1940 au Kenya, où les montagnes qui entouraient la ferme de ses parents [...] étaient toutes habillées de vert et l'eau pure des rivières regorgeait de poissons. Puis elle est partie pendant cinq ans pour étudier la biologie aux Etats Unis. A son retour en 1966, elle fut frappée par les profonds changements que son pays avait subit en si peu de temps : augmentation rapide de la population, déforestation, expansion rapide des cultures industrielles au détriment des méthodes traditionnelles avec pour conséquences un accroissement constant de la pauvreté, de la malnutrition et du chômage. Les bouleversements biologiques et économiques sont clairement mis en évidence :
Désormais presque toutes les cultures étaient destinées à la vente. Les gens allaient acheter leur nourriture dans les magasins. Comme tout coûtait cher, ils mangeaient moins bien qu'avant, et les enfants comme les adultes s'affaiblissaient. Beaucoup tombaient malades. [...]
Sans arbres, il n'y avait plus d'ombre ni de racines pour fixer la terre et empêcher l'érosion. Le sol se desséchait et se transformait en poussière qui s'envolait au vent du diable. La pluie lessivait la terre, qui souillait les rivières autrefois limpides.
Mama Miti a alors aidé ses concitoyens à reprendre en charge leur environnement, leur système de gouvernement, leur vie et leur avenir (notes de l'auteur) en les incitant à replanter peu à peu des arbres, puis à cultiver à nouveau leur propre potager. C'est ainsi que le mouvement Green Belt ("Ceinture Verte") est né en 1977. Il est à noter que dans un premier temps, ce furent les femmes qui, grâce à leur courage et à leur ténacité, permirent l'essor de cette action.
Le style est parfaitement accessible à de jeunes enfants, l'auteur a su aller à l'essentiel et faire ressortir aussi bien la beauté de son pays que l'importance économique et écologique de son action. Le tout est mis en valeur par des illustrations qui m'ont séduite.
A la fin du livre, en plus de l'histoire proprement dite, deux pages retracent la biographie de Mama Miti ainsi que le champs d'actions du mouvement Green Belt qui ne cesse de se développer.
Wangari Maathai a reçu en 2004 le prix Nobel de la paix, parce qu'elle avait su établir le lien entre le développement de son peuple et la richesse de l'environnement naturel de son pays.(note de l'auteur)
Ce livre est un coup de coeur qui m'a donné envie d'en découvrir bien davantage au sujet de Wangari Maathai, du mouvement Green Belt, du Kenya, en résumé de tous les sujets abordés dans ce livre.
NB : Mama Miti signifie "mère des arbres" en swahili.
J'ai découvert ce livre grâce à Tiphanya.
Loula, il était une fois ... un blog qui déménage !!
Loula a quitté ses quartiers sur Overblog pour un nouvel espace qui offre plus de possibilités et d'où elle va nous concocter tout plein de billets destinés à nous ravir.
Pour ne pas vous perdre en route, Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, veuillez suivre le guide ;) :
Chez LOULA c'est par là !
Mort au champagne - Ngaio Marsh
Mort au champagne de Ngaio Marsh
Titre original : Vintage Murder
Traduit de l'anglais (Nouvelle-Zélande) par Maurice Derbène.
Paru aux Editions 10/18 - Collection Grands détectives - 223 pages
ISBN 2-264-04085-8
Quatrième de couverture (extrait) : A bord d'un train qui traverse la Nouvelle-Zélande en direction de Middleton, Roderick Alleyn trompe son ennui en compagnie d'une troupe de théâtre anglaise en tournée, quand de curieux incidents viennent émailler le voyage : l'argent de l'une des actrices a disparu et le directeur de la troupe, Alfred Meyer, est convaincu que l'on a tenté de le tuer en le jetant hors du train ... [...] (j'arrête ici de citer la quatrième de couverture parce que je trouve qu'elle en dévoile trop sur l'intrigue)
Mon avis : Entre ce livre et moi, le courant n'est pas passé pour deux raisons principales.
- Pendant une grande partie du roman, j'ai eu beaucoup de mal à différencier les différents protagonistes les uns des autres, à part le détective, l'actrice principale, son mari et une jeune actrice. Petit à petit je suis parvenue à intégrer les autres. En fait les personnages sont présentés juste avant le premier chapitre par leur nom bien sûr, et leur fonction. Mais comme ils font tous partie d'une troupe de théâtre (raison qui m'avait poussée à choisir ce livre ;) ), et qu'ils sont présentés en termes tels que : actrice et femme d'Alfred Meyer, acteur comique, premier rôle, jeune acteur .... j'ai trouvé très difficile de les distinguer les uns des autres, j'avais plutôt l'impression d'être confrontée à trois ou quatre types de personnages déclinés eux mêmes en N versions. De plus on n'a aucune indication au sujet de la pièce qu'ils jouent, il n'en est presque pas question dans le livre, donc on ne peut pas se repérer à leur rôle. Ma lecture a donc été ponctuée de "Mince c'est qui celui-là - ou celle-là - déjà ?", suivi d'une recherche sur la liste fournie au tout début du roman, ce qui a complètement coupé ma lecture.
- La deuxième raison est que le livre est conçu comme la succession des interrogatoires des différents personnages. Selon les différents témoignages des suspects sont peu à peu éliminés jusqu'à identification du véritable coupable. Mais pour mon goût personnel, l'histoire est beaucoup trop centrée sur l'enquête, un peu comme un zoom photographique, on ne sait presque rien de la vie des protagonistes, même si bien sûr des caractères différents se distinguent. Selon moi, ce livre manque d'une véritable histoire - ou plutôt de plusieurs histoires qui s'entremêleraient avec beaucoup plus de recul par rapport au meurtre et à l'enquête.
Par rapport à ce que j'aime, tout cela manque de rebondissements, de rythme, je ne suis pas vraiment arrivée à m'attacher à l'un d'entre eux ni à avoir peur que l'assassin frappe à nouveau.
Ce n'était pas trop un livre pour moi, vous l'aurez compris, principalement en raison de la façon dont il est construit.
J'espère quand même qu'il fera le bonheur d'autres lecteurs ou lectrices :).
J'ai lu ce livre dans le cadre du Défi de littérature policière sur les cinq continents.
Comme je n'aime pas rester sur une mauvaise impression, je vais lire, toujours dans le cadre du défi, un autre livre de Ngaio Marsh. S'il s'avère que décidément Miss Marsh et moi soyons incompatibles, dans ce cas je chercherai un autre auteur en Océanie.
Petit détail pour finir. Ngaio signifie "lumière dans les arbres" en langue mâori. C'est joli non ?
On n'est jamais trop explicite ....
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Passe ton livre à ton voisin
Sur une idée de Loula, je propose trois livres que j'ai déjà lus, qui sommeillent chez moi et qui seraient très heureux de reprendre vie dans les mains d'un autre lecteur ou d'une autre lectrice. Si l'un d'eux vous intéresse, laissez moi un commentaire ou un message par le biais de la rubrique Contactez l'auteur. Il faudra aussi que vous me fournissiez vos coordonnées en privé pour que je puisse vous envoyer le livre.
Edit du 06 Avril : Je propose un nouveau livre, et j'en ajouterai encore un autre d'ici la fin de la semaine.
Les règles (parce qu'il y a quand même des petites règles ;)
- Vous devez avoir un blog.
- Vous devez vous aussi offrir trois livres d'occasion, que vous avez aimés ou pas, en bon état.
- Vous devez publier une photo de vos livres sur votre blog.
Et n'oubliez pas de mentionner dans votre article où partent vos livres et d'où vient le vôtre, qu'on puisse suivre la chaîne.
J'ai choisi un livre chez Fanyoun (La ferme en Afrique de Karen Blixen)
Je vous propose à mon tour :
Mémoire infidèle d'Elizabeth Georges (thriller)
L'Empire des Anges de Bernard Werber
(il y a une très légère trace sur la couverture, comme si elle avait été pliée, mais c'est très très léger)
Le château de ma mère de Marcel Pagnol
La solitude des nombres premiers de Paolo Giordano
Et si rien ne vous tente ici, vous pouvez aller faire un petit tour chez Tiphanya qui propose aussi trois livres.
Kimmidoll... mais qui sont-elles ?
Une des belles découvertes du Wabi-Sabi Swap a été ces petites poupées ravissantes : les Kimmidoll. Mais quelle est leur origine et leur symbolique ?
D'aspect résolument design, les Kimmidoll s'inspirent des classiques poupées japonaises Kokeshi. Mais qu'est-ce qu'une poupée Kokeshi, me direz vous :) ? C'est une poupée artisanale, en bois peint, qui est apparue sur l'île de Honshû, dans le Nord du Japon, au milieu du XIXème siècle. Cette région est connue pour ses sources naturelles d'eau chaude qui attirent touristes et curistes.
La Kokeshi se caractérise par un visage enfantin, un corps cylindrique surmonté d'une tête sphérique, et n'a ni bras ni jambes. A l'origine ces poupées étaient taillées par des paysans dans des chutes de bois, le plus souvent cerisier, poirier, érable ou encore cornouiller.
Leur origine est controversée : jouets destinés aux enfants des paysans, cadeaux en preuve d'amitié ou d'amour, poupées destinées à être vendues aux clients fortunés des sources chaudes (qui les offraient à leurs enfants ou s'en servaient pour se masser), symbolique spirituelle ou religieuse.
Chaque famille de paysans qui sculptaient ces poupées avaient son propre style, si bien qu'il existe une grande variété de poupées. Leur taille varie de quelque centimètres à un mètre. Mais chacune est un objet unique.
De nos jours il existe des Kokeshi traditionnelles et des Kokeshi modernes. Les Kokeshi traditionnelles sont fabriquées dans le Nord du Japon (leur corps est orné de fleurs rouges et noires, dont la forme et la disposition sont représentatives d'une région). 11 régions différentes proposent des Kokeshi traditionnelles. Vous pouvez en admirer sur le site : L'Asie Exotique.
Les Kokeshi modernes s'appellent Shingato et sont apparues après la seconde guerre mondiale. Elles sont fabriquées dans la région de Tokyo et le choix du thème et de la couleur des ornements peints est totalement libre. Elles peuvent symboliser une saison, une activité ...
Les Kokeshi peuvent être peintres par des artisans anonymes ou au contraire très renommés.
Inspirées de ces poupées mais d'aspect design et fabriquées en résine, les Kimmidoll perpétuent la tradition japonaise dans une version moderne. Leur corps est décoré d'un kimono dont les motifs sont représentatifs des intérieurs japonais. Chacune a un prénom et incarne une valeur ou un principe de vie. (sagesse, amour...etc)
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