Appel du pied - WATAYA Risa
Appel du pied de WATAYA Risa
Titre original : Keritai senaka
Traduit du japonais par Patrick Honnoré
Editions Picquier Poche, 2008 - 164 pages
Quatrième de couverture (extrait): [...] Ce journal intime d'une jeune fille qui n'arrive pas à s'intégrer dans sa classe est au plus près des sensations, de la contradiction des sentiments qui affleurent sous la surface unie des apparences. De ces moments où l'on cherche un sol ferme sous ses pieds, pour s'aventurer à la découverte de la vie.
Et lorsqu'on se sent attirée par un garçon qui vit confiné dans sa passion pour un mannequin vedette, on aimerait bien le réveiller de son rêve pour qu'il fasse ses premiers pas avec vous, sur ce chemin incertain.
Une chronique sensible, et pleine d'humour, de cet âge oscillant entre la nostalgie d'une enfance innocente et la naissance presque malgré soi, de ce qui pourrait bien s'appeler l'amour.
Mes impressions : J'ai trouvé ce roman servi par une écriture sensible, mettant bien en évidence les sensations de solitude et de désarroi qu'on peut éprouver à l'adolescence. Les deux personnages principaux sont Hatsu, la narratrice, et l'un de ses camarades de classe Satoshi, presque toujours désigné par son nom de famille : Ninagawa.
Tout deux sont en première année de lycée, et tout deux n'arrivent pas à s'intégrer dans leur classe.
Quand le prof a demandé s'il y avait quelqu'un qui restait sans groupe, j'ai levé la main. La honte. Si encore j'avais répondu de la voix ... Il a fallu que je lève la main comme une fleur, avec tous ces regards qui cherchaient quels étaient les laissés pour compte, j'ai dû avoir l'air d'une bestiole de l'autre monde. Le pire, c'est qu'il y a eu un autre rebut pour lever la main dans le même geste servile. Maintenant, toute la classe est au courant que les deux seuls à ne pas s'être encore fait d'amis sont ce garçon, Ninagawa, et moi.
Ce sentiment de solitude est encore accentué par l'environnement familial des deux adolescents. On ne parle jamais de la famille d' Hatsu. On sait qu'elle a un foyer, mais les parents n'apparaissent jamais. Quant à Ninagawa, il vit dans sa chambre qui est excentrée par rapport à la maison familiale. Sitôt rentré chez lui, il file dans sa chambre sans même aller voir ses parents, il fait sa lessive tout seul, a son propre réfrigérateur, il parait presque aussi seul chez lui qu'au lycée. Impression d'exclusion encore renforcée par la fait que tout au long du livre, le jeune adolescent est désigné par son nom de famille.
Les deux adolescents ont cependant une personnalité assez différente. Hatsu est seule par authenticité. Elle refuse les compromis, et tout ce qui lui semble futile, quand bien même cela l'aiderait à s'intégrer dans un groupe. En plus du changement du à l'entrée au lycée s'ajoute la peur de voir s'éloigner d'elle son amie Kinuyo qui s'est créé un nouveau groupe d'amis et a su mieux négocier ce cap difficile. Kinuyo est sincère et sympathique, elle sait mieux arrondir les angles que Hatsu, et est parvenue à trouver un équilibre entre authenticité et légèreté.
Ninagawa, lui, semble beaucoup plus "paumé", il s'est entiché d'un jeune mannequin dont il ne connait absolu rien, à part l'image futile qui en est donné dans des magasines féminins. Il semble avoir perdu contact avec la réalité et ne vit que pour cette chimère.
Les deux adolescents m'ont semblé abandonnés à la fois par leurs camarades et par les adultes. Le fait, par exemple, que Ninagawa s'endorme régulièrement en cours, la tête posée sur la paillasse du laboratoire de sciences naturelles, semble n'intriguer et n'affoler personne.
Le malaise, le désarroi et les ambivalences de l'adolescence sont très bien exprimés, avec une écriture pudique.
Je veux être reconnue. Je veux qu'on m'accepte. Je veux que quelqu'un délie un à un tous les fils noirs qui sont pris dans mon coeur comme on détache un à un les cheveux pris dans un peigne, et les jette à la corbeille. Je voudrais que les autres répondent à mon attente, mais je ne suis même pas capable de pesner à faire quelque chose pour quiconque.
A propos de l'auteur : Risa Wataya est une romancière japonaise née e,n 1984 à Kyôtô. A dix-sept ans, elle écrit son premier roman, Install, qui lui vaudra le prix Bungei 2001. Avec son deuxième roman, Appel du pied, Wataya Risa devient, à dix-neuf ans, la plus jeune lauréate jamais couronnée du prix Akutagawa, le Goncourt japonais. (sources : wikipédia et la quatrième de couverture)
Je remercie Loula pour cette découverte dans le cadre du Wabi-Sabi Swap.
Commentaires sur Appel du pied - WATAYA Risa
En matière de littérature japonaise, je ne connais jusqu'ici que Murakami. Des lacunes que j'aimerais combler un jour ou l'autre. Mais il y a tant à découvrir !
Je suis contente que ce livre t'ai plu. Je crois que 'auteur viens de sortir un nouveau roman.Je viens de finir mon premier roman de ce swap et je suis conquise aussi, je vais bientôt en parler!
@ Sylire : Je ne connaissais que Maurakami (Haruki) jusqu'à il y a peu de temps et je suis très contente de découvrir peu à peu plus d'auteurs, je vais bientôt être prise d'une crise de boulimie de lecture japonaise!!
*Sylire* Haruki Murakami a été quasiment mon 1er contact avec la littérature japonaise (j'avais lu un autre auteur 20 ans auparavant
. Le problème est que plus j' en découvre, plus j'ai envie d'en découvrir ![]()
*Loula* j'attends ton billet avec impatience. Je ne me souviens plus quels titres tu as reçu. Moi aussi je suis en pleine ferveur japonaise ... sourire ...
Tu donnes vraiment envie de découvrir ce livre.
Pour info au Japon, on s'appelle presque toujours par son nom. Quand on utilise le prénom d'une personne c'est qu'on est très proche d'elle. Et encore le lien est exprimé par un suffixe "-chan" ou "-kun", exprimant également du respect.
Seul 2 amis extrêmement proche et du même groupe d'âge oseront s'appelaient par leur prénom et sans suffixe.
Mmmmmmm il me tente beaucoup celui-là et comme de temps en temps j'aime me plonger dans ce genre de littérature, je note ! ![]()
Bonne journée Soie, bisous !
Un billet qui donne envie de lire... en plus je connais très peu la littérature japonaise, à part par les manga...
*Tiphanya*, merci beaucoup pour ces informations, c'est difficile de tout saisir d'un livre lorsqu'on ne connait pas bien la culture du pays de l'auteur.
*Florinette* , et un de plus sur la liste ![]()
Bonne journée à toi aussi, bisous.
*Herisson*, alors que j'avais envie d'en découvrir plus sur le Japon, et sa littérature entre autres, j'ai découvert le Blogoclub qui proposait justement ce trimestre là un livre de Haruki Murakami.
Je crois que mes lectures de 2009 vont être très orientées vers le Japon ![]()
Oh la la encore un roman japonais, je note je note !!!
*Nina*, oui, encore un roman japonais, je sais, je sais, ça prend des allures d'obsession ... rire !
J'en ai encore lu un depuis, et j'en ai trois autres en attente ... je vais quand même essayer d'intercaler d'autres billets ![]()
Depuis quelques temps, je lis et j'apprécie souvent beaucoup les auteurs asiatiques. Akira Yoshimura, Shûsaku Endô, Yôko Ogawa, Yukio Mishima, Ryû Murakami, etc. et je dois dire que je suis vraiment content de découvrir une littérature différente et passionnante. Ta chronique sur ce livre me donne envie....
En plus c'est un poche...
Allez zou, je le commande !![]()
Fantasio, merci pour cette liste, le seul auteur que je connaisse parmi ceux que tu cites est Yôko Ogawa ... et depuis quelques jours un peu Ryû Murakami puisque je suis en train de lire Love and Pop.
Bonne lecture ! ![]()
j'avais beaucoup aimé ce roman ! une très belle découverte !
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